Nous vivons à une époque où tout est à portée de main. On peut se former à n’importe quel métier en quelques clics, acquérir de nouvelles compétences grâce à des tutoriels en ligne, et s’équiper des meilleurs outils pour accomplir n’importe quelle tâche. On nous enseigne que le succès est une équation simple : talent + travail acharné = réussite. On a tout, sur le papier.

Et pourtant, on est nombreux à ressentir un décalage. On a le mode d’emploi, mais la machine reste à l’arrêt. On se lance dans un projet avec toutes les cartes en main, mais on bute, on stagne, et parfois, on abandonne. Ce n’est pas le manque de moyens qui nous a fait défaut, ni même la compétence. C’est autre chose, quelque chose de plus profond, de plus intime.
C’est la conviction. C’est le sentiment que ce que l’on fait a une importance, une utilité qui dépasse le simple accomplissement d’une tâche. C’est la foi, presque irrationnelle, que c’est possible. Cette conviction est le véritable moteur, le carburant invisible qui nous permet de persévérer face aux obstacles.
Sans cette conviction, nos outils les plus sophistiqués ne sont que de froids objets. Nos compétences, aussi aiguisées soient-elles, ne sont qu’un savoir inanimé. On peut maîtriser l’art de la menuiserie à la perfection, mais si on ne croit pas que le meuble que l’on fabrique trouvera un jour sa place et apportera de la joie, notre main hésitera, et la première écharde nous fera douter.
Cette conviction, ce n’est pas une donnée qu’on peut télécharger ou une compétence qu’on peut apprendre. Elle naît de nos tripes, de nos valeurs, de notre désir d’impact. C’est le sens que l’on donne à notre action. C’est pourquoi on voit des personnes avec peu de moyens accomplir de grandes choses, parce qu’elles sont animées par une flamme intérieure que ni l’échec ni la difficulté ne peuvent éteindre.
Aujourd’hui, dans un monde qui nous pousse à la performance et à l’efficacité, on oublie parfois de se poser cette question essentielle : pourquoi est-ce que je fais ça ? A-t-on la conviction profonde que ce que l’on fait est nécessaire, possible, et qu’il en résultera quelque chose de bon ? Ou est-ce qu’on se contente d’exécuter un plan, de cocher des cases, en attendant un succès qui ne viendra jamais, faute de cœur à l’ouvrage ?
Car le succès, le vrai, n’est pas l’atteinte d’un but, mais la poursuite d’une voie qui nous semble juste, portée par la certitude que l’on est à la bonne place, en train de faire la bonne chose.

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