L’extrait du Concile Vatican II n’est pas une simple formule théologique ; c’est un miroir tendu à l’humanité. Il nous rappelle que la foi n’est pas une tour d’ivoire, mais une immersion totale dans le réel. Un chrétien n’est pas un spectateur de la vie, mais un participant. C’est un cœur qui bat au rythme du monde.

Aujourd’hui, les joies et les espoirs se manifestent dans une myriade de petits et grands moments. C’est le sourire d’un enfant qui découvre un jeu sur internet, la fierté d’un parent qui voit son enfant diplômé, l’excitation d’un jeune qui part à l’aventure. C’est aussi l’élan de solidarité sur les réseaux sociaux après une catastrophe, le courage d’un lanceur d’alerte qui dénonce l’injustice, l’espoir d’un malade qui voit l’avancée de la recherche. Ce sont ces moments d’humanité pure qui nous relient.

Mais il y a aussi les tristesses et les angoisses. Elles sont omniprésentes. Le chagrin d’un chômeur qui envoie son 500e CV sans réponse, l’angoisse d’une mère qui ne peut pas nourrir ses enfants, la solitude d’un senior devant son écran, l’épuisement d’un soignant. Elles sont le reflet de nos peurs collectives : la précarité, le dérèglement climatique, l’incertitude de l’avenir. Le cœur du chrétien n’est pas immunisé contre ces douleurs. Il les accueille, non pour s’y complaire, mais pour les transformer en prière et en action.

Le texte met l’accent sur les pauvres et ceux qui souffrent. C’est un appel à l’incarnation. Le Christ n’a pas été indifférent à la souffrance humaine. Il l’a vécue. Ses disciples sont donc appelés à faire de même. Cela signifie être présents là où la misère se creuse, écouter sans juger, accompagner sans paternalisme. Ce n’est pas de la pitié, c’est de la compassion, c’est-à-dire « souffrir avec ».

Finalement, c’est là le cœur de la foi chrétienne : il n’y a rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans le cœur du croyant. Les doutes, les échecs, les espoirs les plus fous… tout est matière à foi. L’être humain, dans sa complexité et sa fragilité, est le lieu même de la rencontre avec Dieu. Ce n’est pas dans l’abstrait que Dieu se révèle, mais dans le concret, le vivant, le palpitant de l’existence de chacun.

La foi n’est pas un refuge, mais une porte grande ouverte sur le monde, prête à accueillir toutes les réalités de la vie humaine pour les porter dans la lumière de l’espérance.

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