L’Evangile

« Seigneur, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux »

Alléluia. Alléluia.
Rabbi, c’est toi le Fils de Dieu !
C’est toi le roi d’Israël !
Alléluia. (Jn 1, 49b)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Jésus avait nourri la foule dans le désert.
    Aussitôt il obligea les disciples à monter dans la barque
et à le précéder sur l’autre rive,
pendant qu’il renverrait les foules.
    Quand il les eut renvoyées,
il gravit la montagne, à l’écart, pour prier.
Le soir venu, il était là, seul.
    La barque était déjà à une bonne distance de la terre,
elle était battue par les vagues,
car le vent était contraire.

    Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux
en marchant sur la mer.
    En le voyant marcher sur la mer,
les disciples furent bouleversés.
Ils dirent :
« C’est un fantôme. »
Pris de peur, ils se mirent à crier.
    Mais aussitôt Jésus leur parla :
« Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! »
    Pierre prit alors la parole :
« Seigneur, si c’est bien toi,
ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. »
    Jésus lui dit :
« Viens ! »
Pierre descendit de la barque
et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus.
    Mais, voyant la force du vent, il eut peur
et, comme il commençait à enfoncer, il cria :
« Seigneur, sauve-moi ! »
    Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit
et lui dit :
« Homme de peu de foi,
pourquoi as-tu douté ? »
    Et quand ils furent montés dans la barque,
le vent tomba.
    Alors ceux qui étaient dans la barque
se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent :
« Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »

    Après la traversée, ils abordèrent à Génésareth.
    Les gens de cet endroit reconnurent Jésus ;
ils firent avertir toute la région,
et on lui amena tous les malades.
    Ils le suppliaient de leur laisser seulement
toucher la frange de son manteau,
et tous ceux qui le faisaient furent sauvés.

Sa réflexion

« L’histoire de Jésus qui marche sur l’eau, que l’on trouve dans l’évangile de Matthieu au chapitre 14, versets 22-36, est souvent perçue comme un grand miracle impressionnant. Mais si on y regarde de plus près, on peut y voir des réflexions très concrètes et proches de notre vie de tous les jours.

Réflexion :

Imaginez la scène. Les disciples sont dans la barque, en pleine nuit. Le vent est violent, les vagues sont déchaînées. Ils luttent, ils rament de toutes leurs forces, mais ils n’avancent pas. Ils ont peur. N’est-ce pas un peu comme nos propres vies ? Parfois, nous nous retrouvons dans des « tempêtes ». Ce peut être un problème au travail, une difficulté dans nos relations, des soucis d’argent, une maladie. Nous avons l’impression d’être ballottés, de lutter désespérément sans voir le bout du tunnel. Nous sommes fatigués, découragés.

Et puis, dans cette nuit, dans cette tempête, ils voient une silhouette qui s’approche. Ils croient que c’est un fantôme. Leur peur redouble. C’est souvent ainsi que cela se passe : quand les choses vont mal, nous avons tendance à interpréter les signes de manière négative. Une aide inattendue qui se présente, un changement qui s’opère… nous pouvons les voir avec suspicion, comme quelque chose qui va encore aggraver notre situation.

Mais la voix de Jésus se fait entendre : « Courage ! C’est moi, n’ayez pas peur ! » Cette voix, cette présence, c’est ce qui change tout. Cela ne veut pas dire que la tempête s’arrête instantanément, mais que la peur peut laisser place à l’espoir.

Pierre, lui, a une réaction incroyable. Il demande à Jésus de le faire marcher sur l’eau. Il veut l’impossible. C’est un grand acte de foi. Mais à peine a-t-il mis le pied hors de la barque que le vent lui rappelle la réalité. Il doute, il a peur et il commence à couler. C’est l’histoire de nos propres doutes. On peut avoir un élan de foi, un moment de courage, mais dès qu’une difficulté se présente, nous avons tendance à nous concentrer sur le problème et non sur Celui qui peut nous aider. Et alors, nous commençons à « couler », à perdre pied.

Mais que fait Jésus ? Il ne le laisse pas se noyer. Il lui tend la main. C’est un geste d’une simplicité et d’une force immenses. Même si nous doutons, même si nous perdons pied, la main de Dieu est toujours là pour nous relever.

Méditation :

Prenez un instant. Fermez les yeux. Pensez à une « tempête » dans votre vie actuelle. Quelles sont les vagues qui vous ballottent ? Quelles sont les peurs qui vous assaillent, qui vous font croire que vous n’y arriverez jamais ?

Maintenant, visualisez Jésus marchant sur ces vagues. Il ne les ignore pas, il ne les fait pas disparaître d’un coup de baguette magique, mais il les domine. Il vous regarde et vous dit, avec calme et amour : « Courage ! C’est moi, n’ayez pas peur ! »

Sentez cette voix résonner en vous. Laissez-la apaiser votre cœur.

Puis, imaginez que vous êtes comme Pierre. Vous osez, vous faites un pas. Peut-être que c’est un pas pour demander de l’aide, un pas pour pardonner, un pas pour changer de direction. Vous vous concentrez sur la présence de Jésus.

Mais voilà, le vent souffle. Un doute arrive. Vous sentez que vous commencez à couler. Ne vous jugez pas. C’est humain. Mais le plus important, c’est de vous souvenir du geste de Pierre : « Seigneur, sauve-moi ! » Ce n’est pas une prière compliquée, c’est le cri du cœur. C’est une demande simple, humble, vraie.

Visualisez la main de Jésus qui se tend vers vous. Sentez la force de cette main qui vous attrape, qui vous relève. N’ayez pas peur de la saisir. C’est une main pleine de miséricorde, de tendresse, une main qui ne vous juge pas.

Quand Jésus et Pierre remontent dans la barque, la tempête s’apaise. C’est peut-être un signe que lorsque l’on laisse Jésus entrer dans notre « barque », dans notre vie, les choses se calment. Cela ne veut pas dire qu’il n’y aura plus de tempêtes, mais que nous ne les affronterons plus jamais seuls. »

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