Dans notre monde, le mot « service » évoque souvent l’idée d’un travail, d’un emploi : serveur dans un restaurant, agent de service client. Ou alors, il renvoie à une corvée, à des tâches ingrates que l’on doit accomplir. On parle de « rendre service » comme d’un geste occasionnel, presque forcé.

Pourtant, dans la foi chrétienne, le service est au cœur de tout. Il est bien plus qu’une action ; il est une manière d’être, un état d’esprit. C’est l’ADN même de Jésus. Il ne s’est pas fait servir, mais il est venu pour servir. Il s’est agenouillé pour laver les pieds de ses disciples, un geste que personne n’attendait de lui. C’était un acte d’amour radical, d’humilité profonde.
Alors, qu’est-ce que cela signifie pour nous, dans notre vie de tous les jours ?
Servir, ce n’est pas forcément accomplir des actions extraordinaires. C’est bien plus simple et bien plus puissant. C’est choisir, chaque jour, de voir l’autre avant soi-même. C’est être attentif à la personne qui est en face de nous, à ses besoins, à sa souffrance.
Cela peut se traduire par des gestes minuscules :
- Prendre quelques minutes pour écouter un collègue qui a une mauvaise journée.
- Offrir un café à un voisin qui semble fatigué.
- Se retenir de faire un commentaire sarcastique, pour ne pas blesser.
- Prendre le temps de prier pour quelqu’un sans qu’il le sache.
- Simplement être présent, sans chercher à tout prix à « résoudre » les problèmes des autres.
Servir, c’est aussi accepter sa propre vulnérabilité. C’est reconnaître qu’on ne peut pas tout faire seul, qu’on a besoin de l’aide des autres, qu’on peut aussi être celui qui est servi. C’est un échange, une danse, pas une transaction.
Le plus difficile, c’est de servir sans rien attendre en retour. Pas de remerciements, pas de reconnaissance, pas de médaille. On sert parce qu’on aime, parce que l’amour de Dieu en nous déborde et se répand sur ceux qui nous entourent. On ne sert pas pour être « un bon chrétien », mais parce qu’on est aimé de Dieu, et qu’on souhaite simplement partager un peu de cet amour.
Finalement, servir, c’est ce qui nous rend plus humain, plus proche de Dieu. C’est dans le service que l’on sort de notre propre bulle, de notre égoïsme. C’est dans le service qu’on se met à la suite du Christ, pas avec de grandes théories, mais avec nos mains, nos pieds, notre cœur, pour faire de notre quotidien un reflet de l’Évangile. C’est ça, la vraie révolution chrétienne : une vie transformée par l’amour qui se fait service.

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