L’Évangile
« Levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction ; il rompit les pains, il les donna aux disciples, et les disciples les donnèrent à la foule »

Alléluia. Alléluia.
L’homme ne vit pas seulement de pain,
mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.
Alléluia. (Mt 4,4b)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là,
quand Jésus apprit la mort de Jean le Baptiste,
il se retira et partit en barque
pour un endroit désert, à l’écart.
Les foules l’apprirent
et, quittant leurs villes, elles suivirent à pied.
En débarquant, il vit une grande foule de gens ;
il fut saisi de compassion envers eux et guérit leurs malades.
Le soir venu,
les disciples s’approchèrent et lui dirent :
« L’endroit est désert et l’heure est déjà avancée.
Renvoie donc la foule :
qu’ils aillent dans les villages s’acheter de la nourriture ! »
Mais Jésus leur dit :
« Ils n’ont pas besoin de s’en aller.
Donnez-leur vous-mêmes à manger. »
Alors ils lui disent :
« Nous n’avons là que cinq pains et deux poissons. »
Jésus dit :
« Apportez-les moi. »
Puis, ordonnant à la foule de s’asseoir sur l’herbe,
il prit les cinq pains et les deux poissons,
et, levant les yeux au ciel,
il prononça la bénédiction ;
il rompit les pains,
il les donna aux disciples,
et les disciples les donnèrent à la foule.
Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés.
On ramassa les morceaux qui restaient :
cela faisait douze paniers pleins.
Ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille,
sans compter les femmes et les enfants.
Sa réflexion
La multiplication des pains, une histoire de partage et d’abondance.
Imagine la scène : Jésus vient d’apprendre la mort de Jean le Baptiste, son ami, son cousin. Il est triste. Il a besoin d’être seul, de se retirer. Il part en barque vers un endroit désert. Mais la foule, elle, le suit. Elle a besoin de lui. Elle a faim de sa parole, de ses miracles.
Jésus, au lieu de se replier sur sa douleur, se laisse toucher par cette foule. Il a compassion d’elle. Il voit ses besoins, sa détresse. Et il se met à la soigner, à la guérir. Il passe la journée avec eux, sans penser à lui.
Le soir arrive. Les disciples s’inquiètent. « C’est un endroit désert, et l’heure est déjà avancée. Renvoie donc les foules : qu’elles aillent dans les villages s’acheter de la nourriture. » C’est une logique toute humaine, très pragmatique. On n’a rien, alors on renvoie les gens se débrouiller. C’est le « chacun pour soi ».
Mais Jésus renverse la perspective : « Ils n’ont pas besoin de s’en aller. Donnez-leur vous-mêmes à manger. » C’est une parole qui nous bouscule. On n’a rien, alors on donne. On n’a que cinq pains et deux poissons, et il nous demande de donner ? C’est absurde, irrationnel.
Et pourtant, c’est là que le miracle se produit. Les disciples obéissent. Ils apportent ce qu’ils ont, si peu que ce soit. Et Jésus prend les pains et les poissons, lève les yeux au ciel, prononce la bénédiction, les rompt et les donne aux disciples qui, à leur tour, les distribuent à la foule.
Le miracle n’est pas une baguette magique qui fait apparaître de la nourriture. Le miracle, c’est que le peu que nous avons, mis entre les mains du Christ, devient abondance. Le miracle, c’est que le partage, même s’il nous semble dérisoire, nourrit des milliers de personnes.
Cette histoire nous parle de notre vie de tous les jours.
- Nous avons tous des moments où nous sommes tristes, où nous voudrions nous isoler. Mais la vie nous pousse à aller vers les autres, à être présents pour eux.
- Nous avons tous cette tendance à nous dire « je n’ai rien à donner ». On a l’impression d’être insignifiant, de n’avoir pas grand-chose à offrir.
- On peut penser qu’on n’a pas les compétences, le temps, l’argent, l’énergie pour aider. « Je n’ai que cinq pains… »
Et Jésus nous dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Il nous invite à donner ce que nous avons, même si cela nous semble ridicule.
- Un peu de notre temps pour écouter un ami qui va mal.
- Un peu de notre attention pour un collègue en difficulté.
- Un sourire, un mot gentil, un peu de patience.
- Le petit talent que l’on a, mis au service des autres.
Le miracle n’est pas dans la quantité de ce que l’on donne, mais dans l’intention de le donner, dans le fait de le mettre entre les mains du Christ. Quand on donne, on s’ouvre, on se rend disponible. Et c’est là que l’abondance se crée.
Le résultat ? « Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés. » Personne ne fut laissé de côté. Tout le monde fut nourri. Et il en resta même douze corbeilles pleines, douze comme le nombre des apôtres, comme un signe que le don et le partage ne sont jamais vains.
Alors, cette semaine, osons donner nos « cinq pains et deux poissons ». Osons croire que notre petit geste, notre petite attention, notre petit service peut se transformer en une source d’abondance pour les autres. Et que, ce faisant, nous nous nourrissons aussi nous-mêmes.

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