Il était une fois, dans un jardin baigné par le premier soleil du matin, une petite goutte de rosée perchée sur le pétale d’une rose fraîchement éclose. Elle était si petite qu’on la voyait à peine, mais en elle se reflétait tout un monde : le ciel bleu, le bourdonnement des abeilles et le scintillement des rayons du soleil. Cette goutte de rosée, c’était un peu comme l’innocence d’un enfant : pure, limpide, et pleine de la promesse d’un jour nouveau.

Elle n’avait jamais connu la boue de la terre, ni la soif du soleil ardent. Elle ne connaissait que la douceur du pétale qui la portait et la lumière qui la faisait briller. Elle n’avait aucune peur, aucune arrière-pensée, juste la joie d’être là, à son minuscule endroit, reflétant la beauté du monde sans chercher à la comprendre.
Un soir, alors que la nuit enveloppait doucement le jardin, la petite goutte de rosée vit passer une étoile filante. Elle traça une traînée lumineuse dans le ciel sombre avant de disparaître aussi vite qu’elle était apparue. Pour la goutte de rosée, qui n’avait jamais rien vu de tel, ce fut un spectacle d’une splendeur inouïe. Elle ne se posa pas de questions compliquées : « D’où vient-elle ? Où va-t-elle ? Est-ce que cela va durer ? » Non. Elle se contenta de s’émerveiller, de capter un instant cette lumière magique dans son petit miroir liquide.
Elle ne pensa pas non plus que cette étoile allait disparaître. Elle ne pensa pas à la tristesse de la séparation. Elle accueillit la lumière avec une joie pure, comme un enfant accueille un nouveau jouet, une histoire racontée, ou un bisou du soir. Pour elle, l’existence de cette étoile filante, même fugace, était une preuve que le monde était rempli de merveilles inattendues.
Le lendemain matin, le soleil monta, et comme toutes les gouttes de rosée, notre petite héroïne s’évapora doucement, s’élevant dans l’air pour rejoindre les nuages. Elle n’eut pas peur de disparaître, car elle ne comprenait pas la notion de fin. Elle se fondit dans le ciel, emportant avec elle le souvenir lumineux de l’étoile filante, sans regret, sans amertume, juste avec la légèreté de celui qui a vécu chaque instant pleinement.
Ce conte nous rappelle que l’innocence de l’enfant, c’est cette capacité à voir la beauté partout, à s’émerveiller sans se poser mille questions, à vivre le moment présent sans le poids du passé ni l’angoisse du futur. C’est accueillir la vie telle qu’elle vient, avec une confiance naturelle et une joie simple, même face à ce qui est éphémère. C’est un trésor que nous avons tous eu un jour et que nous pouvons toujours essayer de retrouver, ne serait-ce que pour un instant.

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