Pardonner. Et se pardonner. Deux choses qu’on entend souvent, mais qu’on a tellement de mal à appliquer dans nos vies. Pourtant, la foi chrétienne met le pardon au cœur de tout, non pas comme une contrainte, mais comme une voie de libération super puissante. Et ça, c’est grave actuel.

Pourquoi le pardon est-il si vital, même aujourd’hui ?

On vit dans un monde où la rancune et la rancœur sont monnaie courante. On a des désaccords au boulot, des tensions en famille, des amitiés qui se fissurent. Et parfois, on garde ça en nous, comme un poison qui nous ronge. Le pardon, c’est le remède à ce poison.

Jésus nous l’a montré en permanence. Quand il dit de « pardonner 70 fois 7 fois », c’est pas une formule mathématique, c’est une invitation à une attitude radicale de pardon illimité. Pourquoi ? Parce que tenir rancune, c’est comme boire du poison en espérant que l’autre meure. Ça nous bouffe de l’intérieur, ça nous empêche d’avancer, de vivre pleinement.

Pardonner aux autres, ce n’est pas cautionner ce qu’ils ont fait. C’est décider de se détacher de la souffrance que cette action nous a causée. C’est reprendre le contrôle de nos émotions, ne plus laisser l’autre (ou la situation) avoir ce pouvoir sur nous. C’est un acte d’amour de soi autant que de l’autre.


Se pardonner : Le défi ultime pour avancer

Et là, on arrive au plus difficile : se pardonner à soi-même. On est souvent nos pires juges. On ressasse nos erreurs, nos échecs, nos paroles regrettables. On se flagelle pour des choses passées, on se sent coupable, indigne.

Pourquoi est-ce si nécessaire de se pardonner ? Parce que si tu ne te pardonnes pas, tu restes prisonnier du passé. Tu traînes des boulets qui t’empêchent d’être pleinement présent, de saisir de nouvelles opportunités, d’aimer et d’être aimé sans réserve. Ne pas se pardonner, c’est se refuser la chance de grandir, d’apprendre et de se transformer. C’est aussi ignorer la miséricorde de Dieu qui, pour nous, est toujours là, prête à nous relever, peu importe ce qu’on a fait. Si Dieu nous pardonne, qui sommes-nous pour ne pas le faire avec nous-mêmes ?

Qu’est-ce que ça veut dire, « se pardonner » ? Ça ne veut pas dire :

  • Oublier ce qui s’est passé : Le pardon n’est pas l’amnésie. On se souvient, mais sans la charge émotionnelle négative.
  • Se donner toutes les permissions : Ce n’est pas une licence pour recommencer les mêmes erreurs. C’est reconnaître qu’on a fait une erreur, en tirer les leçons, et décider de faire mieux.
  • Être laxiste avec soi-même : Au contraire, c’est un acte de responsabilité et de compassion.

Se pardonner, c’est reconnaître son humanité, ses imperfections. C’est accepter qu’on a fait du mieux qu’on pouvait à un moment donné, avec les outils qu’on avait. C’est se donner le droit à l’erreur, et surtout, le droit de recommencer, autrement. C’est s’offrir une seconde chance, ou une troisième, ou une centième.


Comment s’y prendre pour se pardonner ?

Alors, concrètement, comment on fait pour appuyer sur le bouton « reset » avec soi-même ?

  1. Reconnaître l’erreur sans se juger violemment : Prends un moment pour identifier ce que tu regrettes. Mais fais-le avec honnêteté, pas avec auto-flagellation. Dis-toi : « Oui, j’ai fait ça. Et ça n’était pas la meilleure chose à faire. »
  2. Ressentir les émotions, puis les laisser partir : La culpabilité, la honte, le regret… Ce sont des émotions humaines. Laisse-les venir, observe-les, mais ne les laisse pas t’envahir indéfiniment. Respire. Dis-leur « Merci, j’ai compris », et laisse-les s’éloigner.
  3. Apprendre de la situation : Demande-toi : « Qu’est-ce que cette expérience m’apprend ? Comment puis-je faire différemment la prochaine fois ? » C’est la leçon qui compte, pas la faute.
  4. Réparer si possible : Si ton erreur a eu des conséquences sur quelqu’un, présente des excuses sincères, propose une réparation si c’est pertinent. Parfois, la réparation, c’est juste de changer son comportement.
  5. Affirmer son pardon : C’est le moment le plus important. Devant un miroir, à voix haute, ou dans ton journal, dis-toi : « Je me pardonne pour [l’action ou la pensée]. Je choisis d’avancer. Je suis humain(e), j’apprends. » Visualise-toi en train de lâcher ce poids.
  6. Être patient(e) et persévérant(e) : Le pardon, surtout envers soi-même, est un chemin, pas un interrupteur. Il se peut que les mêmes regrets reviennent. Sois doux avec toi-même, et répète le processus. Chaque fois, tu te libères un peu plus.
  7. Penser à la miséricorde divine : Pour nous chrétiens, savoir que Dieu nous aime inconditionnellement et nous pardonne chaque fois que nous le demandons sincèrement, c’est une source de force immense pour se pardonner soi-même. Si Dieu peut me pardonner, alors je le peux aussi.

Se pardonner, c’est un acte de foi en soi-même, en sa capacité à grandir et à se transformer. C’est une condition sine qua non pour vivre une vie pleine, authentique et en paix avec soi-même et avec Dieu. C’est le vrai GPS du cœur pour se libérer et avancer.

Et toi, qu’est-ce qui te pèse aujourd’hui, et que tu pourrais commencer à te pardonner ?

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