L’Eavngile
« Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson » (Mt 13, 24-30)

Alléluia. Alléluia.
Accueillez dans la douceur
la Parole semée en nous :
c’est elle qui peut vous sauver.
Alléluia. (cf. Jc 1, 21bc)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là,
Jésus proposa aux foules une autre parabole :
« Le royaume des Cieux est comparable
à un homme qui a semé du bon grain dans son champ.
Or, pendant que les gens dormaient,
son ennemi survint ;
il sema de l’ivraie au milieu du blé
et s’en alla.
Quand la tige poussa et produisit l’épi,
alors l’ivraie apparut aussi.
Les serviteurs du maître vinrent lui dire :
“Seigneur, n’est-ce pas du bon grain
que tu as semé dans ton champ ?
D’où vient donc qu’il y a de l’ivraie ?”
Il leur dit :
“C’est un ennemi qui a fait cela.”
Les serviteurs lui disent :
“Veux-tu donc que nous allions l’enlever ?”
Il répond :
“Non, en enlevant l’ivraie,
vous risquez d’arracher le blé en même temps.
Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson ;
et, au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs :
Enlevez d’abord l’ivraie,
liez-la en bottes pour la brûler ;
quant au blé, ramassez-le
pour le rentrer dans mon grenier.” »
Sa réflexion
La parabole du bon grain et de l’ivraie : une leçon pour notre quotidien
L’évangile de Matthieu, au chapitre 13, versets 24 à 30, nous offre une parabole bien connue : celle du bon grain et de l’ivraie. Jésus y raconte l’histoire d’un homme qui sème de la bonne semence dans son champ. Mais pendant la nuit, un ennemi vient semer de l’ivraie (une mauvaise herbe) parmi le bon grain. Lorsque les pousses apparaissent, les serviteurs proposent d’arracher l’ivraie. Le maître, cependant, leur répond : « Non, de peur qu’en arrachant l’ivraie, vous ne déraciniez en même temps le blé. Laissez-les croître ensemble jusqu’à la moisson. »
Alors, qu’est-ce que cette histoire ancienne peut bien nous dire aujourd’hui, dans notre vie de tous les jours, avec nos défis et nos réussites ?
Laissez pousser, ne jugez pas trop vite
Dans nos vies, il y a le « bon grain » : ce sont nos qualités, nos réussites, nos bons côtés, les moments de joie et de paix. Et puis, il y a l’ »ivraie » : nos défauts, nos erreurs, les moments difficiles, les personnes qui nous agacent ou les situations qui nous pèsent. Souvent, notre premier réflexe est de vouloir tout de suite arracher cette « ivraie ». On veut se débarrasser de nos mauvaises habitudes, critiquer ce qui ne va pas chez les autres, ou changer immédiatement ce qui nous déplaît.
Mais la parabole nous invite à une autre approche : la patience et la non-précipitation. Le maître sait que vouloir tout arracher trop tôt pourrait abîmer le bon grain. Cela signifie que parfois, en voulant corriger à tout prix ce que nous percevons comme « mauvais », nous risquons de faire plus de dégâts que de bien. On peut devenir trop dur avec soi-même, juger les autres sans comprendre, ou casser des liens précieux en cherchant la perfection immédiate.
La coexistence du bien et du moins bon
Cette parabole nous rappelle que la vie est rarement toute noire ou toute blanche. Il y a souvent un mélange de bien et de moins bien en nous et autour de nous. Plutôt que de s’épuiser à vouloir une perfection impossible, nous sommes invités à accepter cette coexistence. Cela ne veut pas dire qu’il faut se complaire dans l’imperfection, mais plutôt que l’on peut apprendre à vivre avec les « mauvaises herbes » sans les laisser étouffer le « bon grain ».
C’est un appel à la tolérance – envers soi-même et envers les autres. Plutôt que de toujours chercher la faute ou le défaut, et si on se concentrait sur ce qui grandit bien ? Sur les petites victoires, les gestes de bonté, les moments de bonheur simples ?
La confiance en la moisson future
La fin de la parabole est aussi très importante : « Laissez-les croître ensemble jusqu’à la moisson. » Pour le paysan, la moisson est le moment où tout est trié et récolté. Pour nous, cela peut représenter le moment où nous ferons le bilan de notre vie, où les choses se mettront en place, où les efforts porteront leurs fruits. C’est une invitation à la confiance.
Confiance que le bien finira par triompher, que nos efforts finiront par payer, même si tout n’est pas parfait aujourd’hui. Confiance aussi que chacun, à son rythme, peut évoluer. Nous n’avons pas toujours à être les « arracheurs d’ivraie » ; parfois, notre rôle est simplement de semer le bon grain, de l’entretenir, et de faire confiance au processus de croissance.
En fin de compte, cette parabole nous encourage à la patience, à la tolérance, et à la foi. Elle nous rappelle que le jugement hâtif n’est pas toujours la meilleure voie et que parfois, il est préférable de laisser les choses mûrir, en ayant confiance qu’au moment opportun, le bon grain sera reconnu et l’ivraie, mise de côté. C’est une méditation sur la complexité de l’existence humaine, qui nous invite à plus de compassion et de sagesse dans nos interactions quotidiennes.
Qu’en pensez-vous ? Dans quelle situation de votre vie avez-vous déjà ressenti le besoin d’arracher l’ivraie un peu trop vite ?

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