L’ambition, c’est ce moteur en nous qui nous pousse à vouloir plus, à aller plus haut, à laisser notre marque. Que ce soit sur TikTok, dans une carrière, ou même dans nos relations, on a tous ce désir d’être quelqu’un, de réussir quelque chose. Et soyons honnêtes, notre monde actuel carbure à l’ambition : celui qui ne rêve pas grand, qui ne se bat pas pour sa place, a l’impression d’être à la traîne.

Quand on lit l’Évangile, on pourrait croire que Jésus est contre tout ça. Après tout, il parle souvent d’humilité, de service, et de se faire petit. Mais si on y regarde de plus près, surtout quand la mère des frères Jacques et Jean vient lui demander les meilleures places pour ses fils (Matthieu 20, 20-28), on voit que Jésus ne dit pas que l’ambition est mauvaise en soi. Il ne leur dit pas « Arrêtez d’être ambitieux ! ». Non, il fait bien mieux : il reconfigure le GPS de l’ambition.

L’Ambition Version Monde : « Moi d’abord ! »

Dans notre société, l’ambition, c’est souvent synonyme de « grimper les échelons », d’être le « numéro un », d’avoir plus que les autres. On veut le poste le plus prestigieux, le compte Instagram le plus suivi, la maison la plus grande. On est conditionnés à penser que le pouvoir, c’est de dominer, de diriger, de décider pour les autres. C’est l’ambition centrée sur soi, celle qui dit : « Comment je peux briller ? Comment je peux me faire une place au soleil ? »

Jésus connaît cette logique. Il dit aux disciples : « Vous savez que les chefs des nations dominent sur elles, et que les grands exercent sur elles leur pouvoir. » C’est une description ultra-réaliste de notre monde. On voit bien comment ça marche en politique, en entreprise, et même dans les cours de récréation. C’est la loi du plus fort, du plus malin.

L’Ambition Version Jésus : « Servir les autres, c’est le vrai niveau supérieur »

Mais la réponse de Jésus est un coup de tonnerre : « Il n’en sera pas ainsi parmi vous. Au contraire, celui qui voudra devenir grand parmi vous sera votre serviteur ; et celui qui voudra être le premier parmi vous sera votre esclave. »

Là, il ne s’agit plus de renoncer à l’ambition, mais de la retourner comme une crêpe. Pour Jésus, la vraie grandeur n’est pas de se faire servir, mais de servir. Le vrai pouvoir, ce n’est pas de dominer, mais de donner. Être le « premier », ce n’est pas écraser les autres, mais être celui qui se penche, qui aide, qui se met à disposition.

C’est une vision de l’ambition qui prend tout le monde à contre-pied. Dans un monde obsédé par le « moi », Jésus nous propose de viser le « nous ».

Comment appliquer ça dans ma vie de tous les jours ?

Ce n’est pas toujours facile d’appliquer cette vision, surtout quand on est constamment bombardé de messages qui nous disent le contraire. Mais c’est possible, et ça peut changer notre façon de voir les choses :

  • Au boulot ou à l’école : Au lieu de chercher à tout prix la promotion ou la meilleure note pour soi, comment je peux aider un collègue en difficulté ? Comment je peux partager mes connaissances pour que l’équipe réussisse ? La vraie ambition, ce serait de devenir un leader qui élève les autres.
  • Sur les réseaux sociaux : Plutôt que de poster uniquement pour les likes et la validation personnelle, comment ma présence en ligne peut-elle servir, inspirer ou soutenir d’autres personnes ? Est-ce que mon ambition est d’être influent pour mon propre bénéfice, ou pour diffuser des messages positifs et utiles ?
  • Dans ma famille ou avec mes amis : Chercher à être celui qui organise tout, qui décide de tout, ou bien celui qui est attentif aux besoins des autres, qui propose son aide, qui écoute sans juger ? L’ambition de construire des relations solides et aimantes passe souvent par le service silencieux.
  • Dans mes passions : Si je suis un artiste, un sportif, un créateur, est-ce que mon ambition est de devenir célèbre à tout prix, ou de créer quelque chose qui apportera de la beauté, de la joie, ou une réflexion aux autres ?

Jésus nous montre que l’ambition n’est pas un problème, tant qu’elle est mise au service de quelque chose de plus grand que nous-mêmes. C’est quand on s’oublie un peu pour les autres que paradoxalement, on trouve une satisfaction et un sens bien plus profonds que dans n’importe quelle médaille ou titre. C’est l’ambition qui mène à une vie riche, pas de biens matériels, mais de sens et d’impact positif.

Alors, la prochaine fois que vous sentez cette flamme de l’ambition en vous, demandez-vous : est-ce que mon GPS est réglé sur « Moi d’abord » ou sur « Servir les autres » ? La deuxième option, c’est la véritable « Ambition 2.0 » selon Jésus.

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