l’Evangile

« À vous il est donné de connaître les mystères du royaume des Cieux, mais ce n’est pas donné à ceux-là » (Mt 13, 10-17)

Alléluia. Alléluia.
Tu es béni, Père,
Seigneur du ciel et de la terre,
tu as révélé aux tout-petits les mystères du Royaume !
Alléluia. (cf. Mt 11, 25)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
    les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent :
« Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? »
    Il leur répondit :
« À vous il est donné de connaître
les mystères du royaume des Cieux,
mais ce n’est pas donné à ceux-là.
    À celui qui a, on donnera,
et il sera dans l’abondance ;
à celui qui n’a pas,
on enlèvera même ce qu’il a.
    Si je leur parle en paraboles,
c’est parce qu’ils regardent sans regarder,
et qu’ils écoutent sans écouter ni comprendre.
    Ainsi s’accomplit pour eux la prophétie d’Isaïe :
Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas.
Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas.
    Le cœur de ce peuple s’est alourdi :
ils sont devenus durs d’oreille,
ils se sont bouché les yeux,
de peur que leurs yeux ne voient,

que leurs oreilles n’entendent,
que leur cœur ne comprenne,
qu’ils ne se convertissent,
– et moi, je les guérirai.

    Mais vous, heureux vos yeux puisqu’ils voient,
et vos oreilles puisqu’elles entendent !
    Amen, je vous le dis :
beaucoup de prophètes et de justes
ont désiré voir ce que vous voyez,
et ne l’ont pas vu,
entendre ce que vous entendez,
et ne l’ont pas entendu. »

Sa réflexion

Dans l’Évangile de Matthieu 13, 10-17, Jésus explique pourquoi il parle en paraboles, mais aussi pourquoi certains comprennent et d’autres non. Il est question de la disponibilité du cœur à recevoir la Parole, et cela résonne fort dans notre quotidien agité.

Combien de fois sommes-nous bombardés d’informations, de conseils, de messages, mais ne les « entendons » pas vraiment ? C’est un peu comme si nos écouteurs étaient branchés, mais que notre esprit était ailleurs. On peut être physiquement présent, mais mentalement absent.

Jésus souligne que « ceux qui ont » reçoivent davantage, et que « ceux qui n’ont pas », même le peu qu’ils ont leur sera enlevé. Cela peut paraître dur, mais c’est une réalité psychologique et spirituelle. Si je suis ouvert à apprendre, à grandir, à comprendre, alors chaque nouvelle information, chaque nouvelle expérience, s’ajoute à ce que je possède déjà. Mais si je suis fermé, sceptique, ou simplement indifférent, alors même les opportunités qui se présentent à moi me passent sous le nez. Je n’en tire rien, et mon potentiel de croissance diminue.

Dans notre vie de tous les jours, cela se manifeste de multiples façons. Au travail, si je suis attentif aux retours, aux formations, aux nouvelles méthodes, je progresse. Si je suis borné, persuadé de tout savoir, je stagne et risque de me faire dépasser. Dans nos relations, si j’écoute vraiment l’autre, si j’essaie de comprendre son point de vue, notre lien s’enrichit. Si je suis toujours dans le jugement ou l’indifférence, la relation s’étiole.

Le « mystère du Royaume des Cieux » dont parle Jésus, c’est finalement cette capacité à voir au-delà de l’évidence, à percevoir la profondeur des choses. Ce n’est pas réservé à quelques-uns, mais c’est une disposition que l’on cultive.

Méditation pour aujourd’hui

Prenons un instant. Où en suis-je dans ma capacité à écouter, à percevoir ?

  • Mes oreilles sont-elles vraiment ouvertes ? Suis-je prêt(e) à entendre ce qui me bouscule, ce qui me demande un effort de compréhension ? Ou bien est-ce que je me contente d’écouter ce qui conforte mes opinions, ce qui est facile à digérer ?
  • Mes yeux voient-ils au-delà des apparences ? Dans les situations compliquées, dans les relations tendues, suis-je capable de chercher la lumière, la leçon, la possibilité de croissance, ou est-ce que je ne vois que les obstacles et les difficultés ?
  • Mon cœur est-il une terre fertile ? Est-ce que je cultive en moi l’humilité, la curiosité, le désir d’apprendre et de me transformer ? Ou est-ce que je laisse l’orgueil, la paresse ou le cynisme rendre ma terre stérile ?

Jésus dit : « Heureux vos yeux, parce qu’ils voient ; et vos oreilles, parce qu’elles entendent. » C’est une invitation à la gratitude pour la capacité que nous avons de percevoir, de comprendre, d’apprendre. Mais c’est aussi un appel à la responsabilité.

Aujourd’hui, je peux choisir de cultiver cette ouverture, d’être plus attentif aux messages qui me sont adressés, qu’ils viennent d’une conversation, d’une lecture, d’un événement inattendu. Je peux décider de ne pas laisser passer les occasions de grandir, de m’enrichir.

Que ma vie soit un terrain fertile où la Parole, sous toutes ses formes, puisse germer et porter du fruit.

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