La Fête Nationale, c’est censé être un moment où tout un pays respire à l’unisson. Un jour où, peu importe nos différences, on se rassemble autour d’un même drapeau, d’une même identité. Alors, quand des ministres fédéraux – ceux-là mêmes qui sont censés incarner l’unité et la loyauté envers l’État qu’ils servent – refusent de crier « Vive la Belgique », il y a de quoi être perplexe. Comment accepter un tel silence ? Et surtout, comment le comprendre ?

Une Attitude Incompatible avec la Fonction ?
Un ministre fédéral, c’est avant tout un serviteur de l’État belge dans son ensemble. Leur rôle n’est pas de représenter une seule région, une seule communauté, ou un seul parti, mais l’intérêt supérieur de la Belgique. Prononcer un simple « Vive la Belgique » lors de sa fête nationale est, pour beaucoup, le b.a.-ba de cette fonction. C’est un geste symbolique fort, une adhésion minimale au pays qu’ils gouvernent.
Leur silence est loin d’être anodin. Il envoie un signal puissant – et troublant.
- Un manque de loyauté perçu : Pour une partie de la population, ce refus est interprété comme un signe de désintérêt, voire de mépris, envers l’identité belge. Cela peut créer un sentiment de trahison ou de non-représentation.
- Une mise à mal de l’unité : Dans un pays déjà complexe et fragmenté comme la Belgique, de tels gestes ne font qu’accentuer les clivages. Ils donnent l’impression que même au sommet de l’État, l’unité n’est pas une priorité ou une réalité.
- Un message politique subliminal : Ce refus peut être vu comme une manifestation subtile – ou pas si subtile – d’une volonté de démanteler le pays, ou du moins de ne pas s’y identifier pleinement. C’est un acte politique fort, même par son absence.
Affirmer qu’ils seraient mieux « ministres du gouvernement de Flandre » (ou de toute autre entité fédérée) touche au cœur du problème. Si leur allégeance principale va à une partie du pays plutôt qu’à son ensemble, alors leur place au niveau fédéral devient légitimement questionnable. La fonction exige une loyauté inconditionnelle envers la Belgique, pas une allégeance conditionnelle à sa composante.
Comment Dénoncer Ce Refus ?
Dénoncer une telle attitude ne signifie pas appeler à la chasse aux sorcières, mais plutôt à une prise de conscience collective et un débat ouvert.
- Le rappel à la fonction : Il est crucial de rappeler publiquement le rôle et les responsabilités d’un ministre fédéral. Leur serment n’est pas « Je jure fidélité au Roi, obéissance à la Constitution et aux lois du peuple flamand/wallon« , mais « du peuple belge« .
- L’exigence de clarté : Les citoyens ont le droit d’attendre de leurs dirigeants une position claire. Pourquoi ce refus ? Est-ce une conviction profonde ? Une stratégie politique ? Une simple maladresse ? La transparence est essentielle pour éviter les interprétations et la frustration.
- Le débat sur les symboles : C’est l’occasion de relancer le dialogue sur la signification des symboles nationaux et l’importance du sentiment d’appartenance. Dans un monde où les identités sont plurielles, comment réinventer un patriotisme inclusif qui ne nie pas les identités régionales, mais les intègre dans un ensemble plus grand ?
- Le rôle des médias et de la société civile : Les médias ont un rôle crucial pour questionner ces silences, analyser leurs implications et donner la parole aux différentes sensibilités. La société civile peut également s’exprimer par des pétitions, des débats citoyens ou des actions symboliques pour réaffirmer l’attachement à la Belgique.
Le refus de prononcer « Vive la Belgique » n’est pas qu’une simple anecdote de la Fête Nationale. C’est le symptôme d’une question plus profonde sur l’identité de notre pays et sur l’engagement de ceux qui le dirigent. Il est temps de briser le silence pour que, quelle que soit notre identité régionale, le cri « Vive la Belgique » puisse résonner, non pas comme une injonction, mais comme une adhésion sincère et partagée.

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