L’Evangile
«Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera en même temps que cette génération » (Mt 12, 38-42)

Alléluia. Alléluia.
Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur,
mais écoutez la voix du Seigneur.
Alléluia. (cf. Ps 94, 8a.7d)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là,
quelques-uns des scribes et des pharisiens
adressèrent la parole à Jésus :
« Maître, nous voulons voir un signe venant de toi. »
Il leur répondit :
« Cette génération mauvaise et adultère réclame un signe,
mais, en fait de signe,
il ne lui sera donné que le signe du prophète Jonas.
En effet, comme Jonas est resté dans le ventre du monstre marin
trois jours et trois nuits,
le Fils de l’homme restera de même au cœur de la terre
trois jours et trois nuits.
Lors du Jugement, les habitants de Ninive
se lèveront en même temps que cette génération,
et ils la condamneront ;
en effet, ils se sont convertis
en réponse à la proclamation faite par Jonas,
et il y a ici bien plus que Jonas.
Lors du Jugement, la reine de Saba
se dressera en même temps que cette génération,
et elle la condamnera ;
en effet, elle est venue des extrémités de la terre
pour écouter la sagesse de Salomon,
et il y a ici bien plus que Salomon. »
Sa réflexion
Ce passage de l’Évangile nous parle d’une demande de signes par des scribes et des pharisiens à Jésus. Ils veulent une preuve éclatante, quelque chose de spectaculaire pour croire. Mais Jésus refuse de leur donner le genre de signe qu’ils attendent. Il leur parle du signe de Jonas, un signe qui ne sera compris qu’après coup, après sa mort et sa résurrection. Il mentionne aussi les Ninivites et la reine du Midi, qui ont cru avec moins de preuves qu’eux.
Qu’est-ce que cela signifie pour notre vie de tous les jours ?
Souvent, nous sommes comme ces scribes et pharisiens. Nous cherchons des signes évidents, des preuves concrètes de la présence de Dieu dans nos vies, ou des solutions magiques à nos problèmes. Nous voudrions un éclair dans le ciel, une voix qui nous dit exactement quoi faire, ou une guérison instantanée qui ne laisse aucun doute.
Pourtant, la vie de foi ne se passe pas toujours avec des signes spectaculaires. Bien au contraire, elle se construit souvent dans le silence, la patience, et l’attention aux petites choses.
- Les « signes » dans notre quotidien : Les vrais signes, ceux que Jésus semble nous inviter à voir, sont peut-être déjà là, mais nous ne les reconnaissons pas parce que nous attendons quelque chose de plus grand. Ce sont :
- Un sourire inattendu qui illumine notre journée.
- Une parole d’encouragement qui nous redonne espoir.
- La beauté de la nature qui nous rappelle la grandeur de la création.
- La force que nous trouvons en nous pour surmonter une épreuve.
- L’aide d’un ami ou d’un inconnu au moment où nous en avons le plus besoin.
- La paix intérieure que nous ressentons après un moment de prière ou de méditation.
- La capacité à pardonner et à avancer après une blessure.
- La foi sans voir : Jésus nous invite à une foi qui ne dépend pas uniquement des démonstrations. Il nous appelle à une confiance profonde, même quand les choses sont incertaines, même quand nous ne voyons pas tout de suite le chemin. C’est une foi qui nous pousse à agir avec amour et compassion, même sans une « preuve » immédiate que nos actions auront un impact.
- L’exemple des Ninivites et de la reine du Midi : Ces deux exemples nous montrent que la réceptivité du cœur est plus importante que la quantité de signes. Les Ninivites ont écouté Jonas et se sont repentis. La reine du Midi a fait un long voyage pour entendre la sagesse de Salomon. Ils n’ont pas exigé de miracles, mais ont été ouverts à la vérité et à la sagesse qui leur étaient offertes. Sommes-nous aussi ouverts ?
En somme, cette réflexion nous invite à changer notre regard. Au lieu de chercher des signes grandioses, apprenons à discerner la présence de Dieu et le sens dans les petites choses du quotidien, dans les défis et les joies, et à développer une foi qui fait confiance, même lorsque tout n’est pas clair.
Méditation sur Matthieu 12, 38-42 : Accueillir la présence discrète
Asseyons-nous un instant, ou prenons un moment de calme là où nous sommes. Fermons les yeux si nous le souhaitons, et prenons quelques respirations profondes.
Pensons à cette demande des pharisiens : « Maître, nous voudrions voir de ta part un signe. » Combien de fois avons-nous ressenti la même chose ? « Seigneur, donne-moi un signe ! Montre-moi ce que je dois faire. Prouve-moi que tu es là. »
- Visualisons notre journée d’hier ou celle d’aujourd’hui. Y a-t-il eu des moments, même très brefs, où nous avons ressenti une petite joie, une aide inattendue, un moment de paix, un éclair de compréhension ? Peut-être le sourire d’un enfant, le chant d’un oiseau, un mot d’encouragement reçu, ou le simple fait de respirer et de sentir la vie en nous.
- Ces moments, aussi infimes soient-ils, ne sont-ils pas des « signes » d’une présence plus grande ? Des clins d’œil de la vie, de l’univers, ou de ce que nous appelons Dieu ?
- Pensons à Jonas dans le ventre du poisson, puis relâché. Jésus dit que son propre signe sera comme cela : une mort et une résurrection. C’est un signe qui ne se comprend qu’après coup, dans la lumière de ce qui s’est accompli.
- Dans notre propre vie, n’y a-t-il pas des épreuves, des moments de « nuit », dont nous ne comprenons le sens qu’après les avoir traversées, quand nous voyons comment elles nous ont transformés ou menés à quelque chose de nouveau ? C’est souvent dans ces « ventres de poisson » que nous grandissons le plus, même si nous ne le voyons pas sur le moment.
- La reine du Midi et les Ninivites. Ils n’ont pas eu de spectacle. Ils ont juste écouté et ont agi en conséquence. Ils ont eu un cœur ouvert.
- Pouvons-nous aujourd’hui cultiver cette ouverture ? Une ouverture à écouter notre conscience, à percevoir la beauté autour de nous, à être attentifs aux besoins des autres, sans attendre de « récompense » ou de « signe » immédiat ?
- Pouvons-nous faire confiance à ce qui est simple, à ce qui est donné, sans exiger toujours plus de preuves ?
- Accueillons l’idée que le divin, la sagesse, l’amour, ne se manifestent pas toujours par des feux d’artifice, mais souvent par le murmure doux et léger, par la présence discrète dans l’ordinaire de nos jours.
Prenons un moment pour remercier pour les signes que nous avons peut-être manqués jusqu’à présent, et pour ceux que nous pouvons apprendre à reconnaître à partir d’aujourd’hui. Décidons d’ouvrir nos yeux et notre cœur un peu plus largement à la beauté et à la présence dans le quotidien.
Quand nous nous sentirons prêts, nous pourrons rouvrir les yeux, en emportant avec nous cette nouvelle perspective.

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