Dans l’agitation constante de notre monde moderne, il est facile de se laisser emporter par le tourbillon des activités. Nous sommes souvent définis par ce que nous faisons : notre profession, nos projets, nos accomplissements. Mais la sagesse chrétienne nous invite à une introspection plus profonde, à revenir à l’essence même de notre existence : l’être avant le faire.

La Bible, du début à la fin, met en lumière cette priorité. Genèse nous rappelle que nous sommes créés à l’image de Dieu, non pas pour une fonction spécifique en premier lieu, mais pour une relation. Notre valeur intrinsèque ne réside pas dans notre productivité, mais dans le fait que nous sommes aimés et voulus par notre Créateur. Jésus lui-même a souvent souligné l’importance de l’état du cœur – l’être intérieur – plutôt que la simple observance extérieure des lois. Les pharisiens, avec toutes leurs pratiques religieuses, ont été maintes fois réprimandés pour avoir négligé la justice, la miséricorde et la fidélité, qui émanent d’un cœur transformé.
Être, dans une perspective chrétienne, c’est d’abord être en Christ. C’est reconnaître notre identité d’enfant de Dieu, racheté et justifié par sa grâce. Cette identité n’est pas le fruit de nos efforts, mais un don immérité. Lorsque nous comprenons qui nous sommes en Lui – aimés, pardonnés, acceptés, dotés d’un but divin – notre façon d’agir est naturellement transformée.
Car le faire ne disparaît pas pour autant. Au contraire, il prend un sens nouveau et une puissance décuplée lorsqu’il est enraciné dans l’être. Nos actions deviennent alors le reflet authentique de notre foi et de notre relation avec Dieu. Lorsque notre être est nourri par la prière, la méditation de la Parole et la communion fraternelle, nos actions ne sont plus dictées par l’anxiété, la reconnaissance humaine ou l’obligation, mais par l’amour, la compassion et le désir de glorifier Dieu.
Pensons aux fruits de l’Esprit décrits par Paul en Galates 5 : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur, maîtrise de soi. Ce ne sont pas des actions isolées, mais des qualités d’être qui se manifestent ensuite dans notre comportement. Une personne patiente est patiente, et cette patience se voit dans ses interactions. Une personne remplie d’amour est amour, et cela se traduit par des actes de service et de pardon.
En fin de compte, la réflexion chrétienne sur l’être et le faire nous appelle à une réévaluation de nos priorités. Il ne s’agit pas d’opposer l’un à l’autre, mais de reconnaître que le faire le plus significatif et le plus impactant découle d’un être authentique, renouvelé et enraciné en Christ. Lorsque notre âme est en accord avec le divin, nos actions deviennent un écho harmonieux de sa lumière dans le monde.

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