Chaque automne, une tradition ancestrale régnait parmi les écureuils : la récolte des glands de la Grande Chêne, l’arbre le plus majestueux et le plus ancien de la forêt. Ses glands, réputés pour leur saveur et leur taille, étaient convoités, mais la Grande Chêne était immense, ses branches les plus riches étaient les plus hautes, presque inaccessibles. De nombreux jeunes écureuils tentaient l’ascension, mais rares étaient ceux qui atteignaient les trésors du sommet. La plupart abandonnaient, découragés par la hauteur, le vent, ou les quelques glissades inévitables.

Noisette, lui aussi, rêvait des glands de la Grande Chêne. Il avait observé les échecs de ses aînés et des jeunes de son âge. Il savait que ce ne serait pas facile. Le premier jour, il grimpa avec enthousiasme, mais une branche lisse le fit glisser. Il tomba de quelques mètres, se frotta l’épaule endolorie et un soupir s’échappa de sa gorge. Ses amis, Bric et Broc, passèrent devant lui en riant. « Abandonne, Noisette ! C’est trop haut pour toi ! Il y a plein de glands plus bas ! »

Noisette aurait pu les écouter. Il aurait pu se contenter des glands tombés au sol ou de ceux des arbres plus petits. Mais quelque chose en lui refusait de céder. Il se rappela les histoires des anciens, qui racontaient que seuls les plus persévérants goûtaient aux meilleurs glands.


Une ascension pas à pas

Les jours suivants, Noisette revint à la Grande Chêne. Il ne tentait plus de sprinter vers le sommet. Il observait. Il cherchait les prises, les écorces rugueuses, les petites fissures où ses griffes pouvaient s’ancrer. Chaque jour, il montait un peu plus haut qu’il ne l’avait fait la veille, même si ce n’était que de quelques centimètres.

Parfois, le vent soufflait fort et le faisait vaciller. Parfois, une branche craquait sous son poids et lui donnait une frayeur bleue. Parfois, il glissait et redescendait plus qu’il n’avait monté. Mais à chaque fois, il se secouait, se frottait et, après un court instant de repos, reprenait son ascension.

Ses amis, Bric et Broc, continuaient de se moquer au début, puis ils l’ignorèrent, et enfin, ils commencèrent à l’observer avec une pointe d’admiration. Noisette ne les voyait plus, son esprit était concentré sur l’arbre, sur le prochain appui, sur son objectif. Il ne regardait pas la distance qu’il lui restait à parcourir, mais le petit bout de chemin qu’il venait de faire.


Le goût de la victoire

Après de longues journées d’efforts, alors que le soleil se couchait dans des teintes orangées, Noisette sentit enfin sous ses pattes la branche tant convoitée. Plus haute que toutes les autres, elle était couverte des plus beaux glands, dodus et brillants. Il en cueillit un, le plus gros qu’il n’ait jamais vu, et le porta à sa bouche. Le goût était exquis, une explosion de saveur qui récompensait chaque effort, chaque chute, chaque moment de doute.

En redescendant, le gland précieusement serré, il croisa Bric et Broc, qui étaient restés en bas, se contentant des miettes. Leurs yeux étaient ronds d’étonnement. Noisette leur offrit un sourire. Il n’avait pas besoin de mots. Sa réussite parlait d’elle-même.

À partir de ce jour, Noisette devint un exemple pour toute la colonie. On raconta son histoire aux jeunes écureuils pour leur apprendre une vérité essentielle : la persévérance n’est pas seulement la capacité à continuer quand c’est difficile, c’est aussi la sagesse de se relever après chaque chute, la force de ne pas se laisser décourager par les moqueries et la foi en sa propre capacité à atteindre des sommets, pas à pas.

Et c’est ainsi que Noisette, le petit écureuil persévérant, montra à tous que les plus grandes richesses ne sont pas toujours les plus faciles à atteindre, mais que le chemin pour y arriver forge un esprit et un cœur bien plus précieux que n’importe quel trésor.


As-tu déjà ressenti ce sentiment de satisfaction après avoir persévéré et atteint un objectif qui te semblait difficile au début ?

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