Dans un pays lointain, où les montagnes touchaient le ciel et les rivières chantaient des mélodies anciennes, il y avait un rocher immense. Il se dressait, fier et imposant, au milieu d’un sentier fréquenté par tous. Il était là depuis des millénaires, immobile, inébranlable. Les voyageurs le contournaient avec respect, les animaux cherchaient son ombre, et les vents les plus forts ne faisaient que siffler autour de lui, sans jamais le faire bouger d’un pouce. Ce rocher était la définition même de la force, de la permanence.

Mais juste au-dessus de lui, nichée dans une petite crevasse invisible à l’œil nu, vivait une minuscule goutte d’eau. Elle n’était rien de plus qu’une perle de rosée le matin, une larme de pluie l’après-midi. Elle était si petite qu’un souffle de vent aurait pu l’emporter, et le soleil la faisait disparaître en un instant. Elle n’avait aucune force, aucune puissance visible. Elle était l’incarnation de la faiblesse.

Pourtant, chaque jour, sans que personne ne le remarque, la goutte d’eau tombait. Tic. Elle frappait le rocher. Le rocher, lui, ne sentait rien. C’était comme si une plume le caressait. La goutte, imperturbable, reprenait sa place, alimentée par la rosée matinale ou la pluie fine. Et chaque jour, elle tombait à nouveau. Tic.

Les années passèrent, puis les siècles. Le rocher riait en silence de toutes les intempéries, des tempêtes qui hurlaient et des tremblements de terre qui faisaient frissonner le sol. Il se sentait invincible. La goutte d’eau, elle, continuait son travail silencieux, sans bruit, sans éclat, sans se plaindre de son insignifiance. Tic. Toujours au même endroit.

Un jour, un vieux sage, aux yeux pétillants de sagesse, s’arrêta devant le rocher. Il le regarda attentivement, puis plissa les yeux et désigna un point précis sur sa surface. « Regardez », dit-il aux jeunes qui l’accompagnaient.

Les jeunes s’approchèrent et, à leur grande surprise, virent une minuscule indentation dans le granit, juste à l’endroit où la goutte d’eau tombait inlassablement. Ce n’était qu’un petit creux, à peine visible, mais il était bien là.

Le sage sourit. « Ce rocher, si fort et si fier, n’a jamais été vaincu par les tempêtes ou les tremblements. Mais voyez ce qu’une simple goutte d’eau, la plus faible de toutes les entités, a accompli. »

Les jeunes étaient perplexes. « Comment est-ce possible ? Une si petite goutte contre un si grand rocher ! »

Le sage expliqua : « La goutte d’eau n’avait pas la force brute du rocher, ni la fureur du vent. Mais elle avait la persévérance. Elle avait la régularité. Elle avait la constance. Chaque petite action, répétée inlassablement, finit par accomplir l’impossible. Le rocher a résisté à la force, mais il n’a pas pu résister à la constance de la faiblesse. »


La morale de ce conte ?

Ce n’est pas toujours la force apparente qui l’emporte. Parfois, la véritable puissance réside dans l’endurance, dans la capacité à continuer, pas à pas, même quand on se sent petit et insignifiant. Une petite action, un petit effort, une petite gentillesse, répétés chaque jour, peuvent avoir un impact bien plus grand et durable que n’importe quelle démonstration de force passagère. Le plus faible, avec persévérance, peut devenir le plus fort.

Qu’en penses-tu ? Y a-t-il une « goutte d’eau » dans ta vie qui, par sa constance, pourrait accomplir de grandes choses ?

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