Mes amis, nous sommes ce 14ème dimanche du Temps Ordinaire de l’Année C, et l’Évangile d’aujourd’hui, tiré de Saint Luc (Lc 10, 1-9), est comme une lettre de mission que Jésus nous envoie, à nous, aujourd’hui, en 2025.

Imaginez la scène : Jésus voit tout ce qu’il y a à faire. Il voit les gens qui cherchent un sens, qui souffrent, qui sont perdus. Il le dit clairement : « La moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux. » C’est un constat qui est toujours vrai, ici, à Mons, en Belgique, et partout ailleurs. Autour de nous, il y a tellement de personnes qui ont faim – pas forcément de pain, mais de paix, d’écoute, d’espérance, de vraie joie.

Et que fait Jésus ? Il ne se contente pas de regarder. Il agit ! Il choisit soixante-douze disciples – un grand nombre, pour bien nous faire comprendre que la mission n’est pas réservée à une élite, aux prêtres ou aux religieuses. Non, c’est pour tout le monde, pour chacun de nous qui sommes baptisés. Il les envoie deux par deux. Pourquoi deux par deux ? Pour ne pas être seul, pour se soutenir, pour témoigner ensemble, parce qu’à plusieurs, on est plus forts.


La Mission : Pas de Super-Pouvoirs, Juste la Confiance

Et là, Jésus leur donne des consignes étonnantes, presque un mode d’emploi :

  1. « N’emportez ni bourse, ni sac, ni sandales. » C’est radical, non ? Imaginez, aujourd’hui, partir sans téléphone, sans carte de banque, sans même une bouteille d’eau ! Qu’est-ce que Jésus veut nous dire ? Il veut nous apprendre à lâcher prise, à faire confiance. Notre mission n’est pas basée sur ce que nous possédons, sur nos diplômes, sur nos richesses. Elle est basée sur la confiance en Dieu qui pourvoira. C’est une invitation à la simplicité, à la légèreté. L’essentiel, c’est ce que nous sommes, pas ce que nous avons.
  2. « Dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : ‘Paix à cette maison’. » La première chose qu’ils doivent apporter, ce n’est pas un grand discours de catéchisme, ce n’est pas une condamnation, ce n’est pas une solution à tous les problèmes. C’est la Paix. La paix est le premier cadeau que l’on peut offrir. Et vous savez, la paix, ça ne se décrète pas toujours avec des mots. Ça se vit par notre attitude, par notre écoute, par notre non-jugement. Quand on arrive quelque part avec un cœur en paix, on diffuse la paix autour de nous. C’est un baume pour un monde souvent agité et divisé.
  3. « Restez dans cette maison, mangez et buvez ce qu’on vous offrira. » Ça, c’est super important ! Ça veut dire : acceptez l’hospitalité, soyez accueillis tels que vous êtes. Et surtout, ne vous servez pas, ne profitez pas. C’est l’attitude de service. On vient pour donner, mais aussi pour recevoir. L’évangélisation, ce n’est pas « je détiens la vérité et je te la balance ». C’est une rencontre, un échange. On ne vient pas en conquérants, mais en humbles serviteurs.
  4. « Guérissez les malades qui s’y trouveront et dites-leur : ‘Le règne de Dieu s’est approché de vous.’ » Jésus parle de guérison. Aujourd’hui, on ne va pas forcément faire des miracles spectaculaires, mais on peut être des instruments de guérison. Guérir une solitude par une visite, une parole, un sourire. Guérir une blessure de l’âme par l’écoute et le pardon. Guérir une relation brisée par la réconciliation. Et par-dessus tout, annoncer que Dieu n’est pas loin, qu’il est là, présent, et qu’il veut nous aider à construire un monde meilleur, un règne d’amour et de justice.

Et Pour Nous, Aujourd’hui ?

Alors, concrètement, qu’est-ce que ce texte nous dit pour notre vie de tous les jours, ici et maintenant ?

  • Chacun de nous est un « envoyé spécial » de Jésus. On n’a pas besoin d’une mission officielle du Pape pour témoigner. Là où nous sommes, avec ce que nous sommes, nous pouvons être des signes du Christ. Par un petit geste de gentillesse, une attention à un collègue, un mot de réconfort à un voisin.
  • La simplicité et la confiance sont nos meilleurs outils. Au lieu de se sentir écrasé par la complexité du monde, on peut choisir la légèreté de l’Évangile. Faire confiance que Dieu agit à travers nous, même si on ne se sent pas à la hauteur.
  • La paix est notre carte de visite. Avant de vouloir « convertir » ou « convaincre », soyons des artisans de paix. La paix dans notre cœur, la paix dans nos paroles, la paix dans nos relations. C’est le chemin le plus sûr pour ouvrir les cœurs.
  • Osons la rencontre et l’hospitalité. Sortons de nos bulles. Allons vers l’autre, quel qu’il soit, avec un cœur ouvert. Accueillons ceux qui sont différents, ceux qui ne pensent pas comme nous.

Mes amis, la moisson est vraiment abondante. Et vous, moi, nous sommes ces ouvriers que le Seigneur continue d’envoyer, deux par deux, ou même seul avec notre cœur disponible. Il ne nous demande pas l’impossible, mais d’être fidèles dans les petites choses, d’apporter la paix, et de témoigner, simplement, que le Royaume de Dieu est là, tout proche, pour tous.

Alors, en cette semaine, quelle petite mission de paix, de confiance ou de guérison pouvez-vous accomplir autour de vous ?

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