Nous venons d’entendre ce passage de l’Évangile de Matthieu (Mt 16, 13-19), un moment clé dans la vie de Jésus et de ses disciples. Aujourd’hui, en cette fête du 29 juin, nous célébrons aussi particulièrement les deux grands apôtres, Saint Pierre et Saint Paul, dont la foi et la mission éclairent cet Évangile. Jésus est avec ses disciples, loin de la foule, dans une région païenne, et il leur pose une question apparemment simple, mais en réalité, fondamentale : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? »

L’opinion des autres et notre propre chemin
Les disciples répondent ce que « les gens » pensent : Jean le Baptiste, Élie, Jérémie, ou l’un des prophètes. C’est intéressant, n’est-ce pas ? La plupart du temps, nous nous soucions énormément de ce que les autres pensent de nous, de ce que « les gens » disent. Nous nous laissons influencer par les opinions, par les modes, par ce que la société nous dicte. Et parfois, nous laissons ces voix extérieures définir qui nous sommes, ou qui Dieu est pour nous.
Mais Jésus ne s’arrête pas là. Il ne se contente pas des bruits de couloir, des opinions populaires. Il va plus loin, il s’adresse directement à chacun de ses disciples, et donc à chacun de nous aujourd’hui : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »
La question personnelle : « Pour toi, qui suis-je ? »
Cette question, mes amis, est la plus importante que Jésus puisse nous poser. Elle ne s’intéresse pas à ce que nos parents pensent de Jésus, à ce que nos amis disent, à ce que l’Église enseigne. Elle s’intéresse à notre relation personnelle avec Lui. Qui est Jésus pour moi, dans ma vie de tous les jours ? Est-il un personnage historique lointain ? Un grand sage ? Ou est-il le Christ, le Fils du Dieu vivant, mon Sauveur, celui qui donne sens à ma vie ?
Et là, Simon, que nous appelons Saint Pierre, prend la parole, avec son élan habituel, et proclame cette vérité qui lui vient d’ailleurs : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Cette réponse n’est pas le fruit d’une étude théologique approfondie. Jésus lui-même le dit : « Ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. » C’est une révélation, un don de Dieu, une intuition profonde qui naît de la relation, de l’ouverture du cœur.
Sur la pierre de notre foi, l’Église se construit
Et c’est sur cette profession de foi, sur cette affirmation que Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant, que Jésus va construire son Église. « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église. » Pierre, ce n’est pas seulement l’homme Simon. C’est la foi de Simon. C’est la foi de chacun de nous qui reconnaît Jésus comme le Seigneur.
Cette Église dont nous faisons partie, elle n’est pas faite de murs et de pierres, elle est faite de personnes qui croient. Des personnes qui, comme Pierre, disent « oui » à cette question fondamentale de Jésus. Des personnes qui, au cœur de leurs doutes, de leurs joies, de leurs combats, reconnaissent en Lui la présence du Dieu vivant.
Et ce n’est pas tout ! Jésus donne à Pierre – et à nous tous qui sommes membres de cette Église – les clés du Royaume des Cieux. « Tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. » C’est une mission immense ! Une mission de libération, de pardon, de service. Une mission qui nous appelle à être des bâtisseurs de ponts, des artisans de paix, des porteurs de l’espérance du Royaume.
Pensez aussi à Saint Paul, dont nous célébrons le martyre à Rome avec celui de Pierre. Paul n’était pas l’un des Douze, mais par une rencontre fulgurante avec le Christ ressuscité, il est devenu un apôtre infatigable, parcourant le monde pour annoncer le Christ. Sa vie entière est une réponse passionnée à cette question : « Pour lui, Jésus était tout. »
Un appel pour aujourd’hui
Aujourd’hui, frères et sœurs, Jésus nous pose la même question, à chacun de nous, personnellement : « Pour toi, qui suis-je ? »
Prenons un instant pour y répondre, non pas avec des mots compliqués, mais avec la sincérité de notre cœur.
- Est-ce que Jésus est quelqu’un que je connais vraiment ?
- Est-ce que je le laisse entrer dans ma vie quotidienne ?
- Est-ce que je lui fais confiance pour « paître mes brebis », c’est-à-dire pour guider ma vie ?
Que cette Eucharistie, en ce jour où nous fêtons les deux colonnes de l’Église, Saint Pierre et Saint Paul, nous fortifie dans notre foi, pour que, comme eux, nous puissions proclamer avec audace et amour : « Seigneur, Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Et que, sur la pierre de cette foi, notre vie et notre communauté puissent être un signe visible du Royaume de Dieu pour le monde.

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