Dans le vaste ciel bleu, au milieu de millions d’amis brillants, vivait une toute petite étoile, si petite qu’elle avait du mal à se faire remarquer. Son nom était Lumi, et son plus grand rêve était de danser et de scintiller avec les grandes constellations, celles qui éclairaient vraiment la nuit. Mais voilà, Lumi avait un problème : elle avait peur. Peur de ne pas être assez brillante, peur de se tromper de pas de danse, peur de tomber du ciel.

Chaque soir, tandis que les autres étoiles s’élançaient joyeusement, Lumi restait un peu en retrait, cachée derrière un petit nuage gris et grincheux nommé Grisol. Grisol était son protecteur involontaire. « À quoi bon briller, Lumi ? » grommelait Grisol. « Le ciel est grand, et toi, tu es si petite. Reste là, en sécurité avec moi. Moins tu scintilles, moins on te verra, moins tu risqueras de te tromper. »

Lumi hochait la tête, triste. Les paroles de Grisol la réconfortaient un peu, mais la rendaient aussi de plus en plus petite à l’intérieur. Elle regardait les autres étoiles former des dessins magnifiques, des animaux, des héros, et son cœur de lumière se serrait de tristesse.

Un soir, une pluie de météores, un spectacle rare et merveilleux, fut annoncée. Toutes les étoiles étaient en effervescence, se préparant à glisser à travers le ciel en laissant de longues traînées lumineuses. Lumi tremblait rien qu’à l’idée. « Oh non, Grisol, » murmura-t-elle. « C’est beaucoup trop rapide, beaucoup trop audacieux ! Je vais sûrement me cogner à une autre étoile ou me perdre à jamais ! »

Grisol, comme à son habitude, répondit d’un ton résigné : « Vois-tu, Lumi ? Reste derrière moi. C’est plus sage. »

Mais cette fois, en regardant le ballet joyeux des préparatifs, quelque chose se passa en Lumi. Une petite étincelle, plus forte que la peur, s’alluma en elle. Elle se rappela pourquoi elle était là : pour briller ! Pour partager sa lumière ! Rester cachée ne la rendait pas heureuse.

Alors, avec un courage qu’elle ne soupçonnait pas, Lumi prit une grande inspiration de vide céleste et dit à Grisol d’une voix étonnamment ferme : « Non, Grisol ! Je vais essayer !« 

Grisol fut si surpris qu’il en perdit son air grincheux. « Mais… Lumi ! Tu es sûre ? »

Lumi ne répondit pas. Elle ferma les yeux un instant, puis les rouvrit, fixant l’immense étendue devant elle. Elle sentit ses petites étincelles trembler, mais cette fois, c’était d’excitation, pas seulement de peur. Elle s’élança !

Le premier mouvement fut hésitant, un peu maladroit. Elle faillit trébucher sur la queue d’une comète. Mais elle continua. Elle pensa aux grandes étoiles qui l’inspiraient, à la beauté de la danse, à la joie que sa lumière pourrait apporter. Et petit à petit, elle prit de l’assurance. Elle glissa, elle tourbillonna, elle laissa derrière elle une traînée d’un blanc pur, unique.

Les autres étoiles la virent. Elles ne rirent pas, au contraire. Elles la saluèrent, admirant sa détermination. Même Grisol, resté en arrière, regardait avec des yeux ronds. Il vit Lumi briller d’une lumière qu’il n’avait jamais vue auparavant, non pas la lumière d’une grande étoile, mais celle, intense et vibrante, d’une étoile courageuse.

Quand la pluie de météores fut terminée, Lumi était épuisée, mais remplie d’une joie immense. Elle avait osé ! Elle avait vaincu sa peur ! Elle ne se sentait plus petite. Grisol vint la rejoindre, et pour la première fois, son nuage n’était plus tout à fait gris, un peu de lumière de Lumi avait déteint sur lui.

« Tu as été incroyable, Lumi, » dit Grisol, d’une voix presque douce. « Je crois que j’ai appris quelque chose aujourd’hui. »

Lumi sourit, plus brillante que jamais. Elle avait compris que le courage, ce n’est pas de ne jamais avoir peur, mais de sentir la peur et d’agir malgré elle. C’est ça, la vraie lumière qui vient de l’intérieur, celle qui nous permet de danser notre propre danse dans le vaste ciel de la vie. Et depuis ce jour, Lumi n’eut plus jamais peur de scintiller de toute son âme.

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