L’Evangile
« Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis qui était perdue » (Lc 15, 3-7)

Alléluia. Alléluia.
Je suis le bon Pasteur, dit le Seigneur ;
je connais mes brebis
et mes brebis me connaissent.
Alléluia. (Jn 10, 14)
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
En ce temps-là,
s’adressant aux pharisiens et aux scribes,
Jésus disait cette parabole :
« Si l’un de vous a cent brebis et qu’il en perd une,
n’abandonne-t-il pas les 99 autres dans le désert
pour aller chercher celle qui est perdue,
jusqu’à ce qu’il la retrouve ?
Quand il l’a retrouvée,
il la prend sur ses épaules, tout joyeux,
et, de retour chez lui, il rassemble ses amis et ses voisins
pour leur dire :
‘Réjouissez-vous avec moi,
car j’ai retrouvé ma brebis,
celle qui était perdue !’
Je vous le dis :
C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel
pour un seul pécheur qui se convertit,
plus que pour 99 justes
qui n’ont pas besoin de conversion. »
Sa réflexion
Réflexion et Méditation sur Luc 15, 3-7 : La Parabole de la Brebis Perdue
Le Contexte : Jésus, confronté aux murmures des pharisiens et des scribes qui le reprochent d’accueillir les pécheurs et de manger avec eux, raconte cette parabole. Elle n’est pas une simple histoire, mais une fenêtre ouverte sur le cœur de Dieu, une invitation à reconsidérer notre propre perception du bien et du mal, du perdu et du retrouvé.
La Parabole (Lc 15, 3-7) : « Alors il leur dit cette parabole : « Quel homme d’entre vous, s’il a cent brebis et en perd une, ne laisse les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller à la recherche de celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il la retrouve ? Et quand il l’a retrouvée, il la met sur ses épaules, tout joyeux. De retour chez lui, il rassemble ses amis et ses voisins et leur dit : “Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue.” Je vous le dis : c’est ainsi qu’il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion. »
Réflexion :
Cette parabole, d’une simplicité désarmante, recèle une profondeur théologique et humaine immense.
1. La Valeur de l’Unique : Le berger, bien qu’il ait quatre-vingt-dix-neuf brebis en sécurité, ne minimise pas la perte d’une seule. Cette unique brebis a une valeur inestimable à ses yeux. Cela nous interpelle : quelle est notre attitude face à « l’unique » ? Au-delà des chiffres et des statistiques, chaque personne est-elle pour nous une entité précieuse, unique et irremplaçable ? Dans un monde où l’individu est parfois noyé dans la masse, cette parabole nous rappelle la dignité et l’importance de chaque vie.
2. La Recherche Proactive et Infatigable : Le berger ne se contente pas d’attendre que la brebis revienne d’elle-même. Il prend l’initiative, il quitte le troupeau en sécurité (les quatre-vingt-dix-neuf), et part à sa recherche « jusqu’à ce qu’il la retrouve ». C’est une image puissante de la persévérance divine. Dieu ne renonce jamais à nous. Il ne nous abandonne pas, même lorsque nous nous égarons. Sa recherche est active, pleine d’amour et de détermination. Cela devrait nous inspirer à ne jamais désespérer de ceux qui se sont éloignés, que ce soit de la foi, de la communauté, ou d’un chemin de vie sain.
3. La Joie du Retrouvé : Le moment de la retrouvaille n’est pas teinté de reproches ou de colère, mais d’une joie immense. Le berger ne gronde pas la brebis égarée ; il la met sur ses épaules, signe de tendresse, de protection et d’effort. Puis, il partage cette joie avec ses amis et voisins. Cette joie débordante est l’écho de la joie du ciel. C’est le message central : Dieu ne se réjouit pas de la condamnation, mais de la conversion. La joie divine est une joie de réconciliation et de restauration.
4. La Paradoxe de la Joie Céleste : La conclusion de Jésus est frappante : « plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion. » Cela ne signifie pas que les justes sont moins importants, mais cela met en lumière l’immense miséricorde de Dieu envers ceux qui se sont éloignés. La conversion n’est pas un acte de mérite, mais un retour au Père aimant qui est prêt à tout pardonner. La joie du ciel est la joie de voir une vie sauvée, transformée, ramenée à la communion.
Méditation :
Prenez un instant pour vous placer dans la scène de cette parabole.
1. Identifiez-vous au Berger : Imaginez-vous comme le berger. Avez-vous déjà ressenti la perte d’une personne qui vous est chère, d’une amitié, d’un lien ? Quelle est l’intensité de votre désir de retrouver ce qui est perdu ? Ressentez cet élan d’amour et de persévérance pour ceux qui se sont égarés, qu’ils soient proches de vous ou plus lointains. Comment pouvez-vous, à votre mesure, devenir un instrument de la recherche et du retour ?
2. Identifiez-vous à la Brebis Perdue : Peut-être vous êtes-vous, à un moment de votre vie, senti perdu, égaré, loin de Dieu ou de ce qui donne sens à votre existence. Rappelez-vous cette sensation de vulnérabilité, de solitude. Imaginez alors la main du berger, sa présence, le moment où il vous trouve. Ressentez le soulagement, la sécurité, l’amour inconditionnel qui vous enveloppe alors qu’il vous porte sur ses épaules. Accueillez cette miséricorde. Permettez-vous de croire que vous avez une valeur infinie aux yeux de Dieu, même et surtout dans vos moments de faiblesse.
3. Identifiez-vous aux Quatre-Vingt-Dix-Neuf Brebis : Si vous vous considérez plutôt comme l’une des quatre-vingt-dix-neuf brebis, en sécurité dans le troupeau, comment percevez-vous la brebis perdue ? Y a-t-il en vous un jugement, une incompréhension ? Ou bien une compassion et une joie authentique pour son retour ? Laissez-vous interpeller par la joie du berger. Développez une « joie de conversion » pour les autres, plutôt qu’une satisfaction de sa propre « justice ».
4. Méditez sur la Joie du Ciel : Levez les yeux vers le ciel, non pas un lieu lointain, mais l’état de l’amour divin. Imaginez cette joie immense, débordante, qui éclate à chaque retour, à chaque conversion. C’est une joie qui nous invite à la célébration, au pardon, et à l’accueil inconditionnel. Comment pouvez-vous refléter cette joie dans votre propre vie, en étant un agent de réconciliation et d’espérance ?
En conclusion : La parabole de la brebis perdue n’est pas seulement une histoire sur la miséricorde de Dieu, c’est aussi un appel à la miséricorde en nous. Elle nous invite à regarder au-delà des apparences, à chercher ce qui est perdu, à nous réjouir des retrouvailles, et à croire en la puissance transformatrice de l’amour divin qui ne lâche jamais. C’est un hymne à la persévérance de l’amour de Dieu pour chacun de nous, même et surtout, lorsque nous nous sentons le plus loin.

Laisser un commentaire