On entend souvent parler de « dirigeants du monde », de « ceux qui tirent les ficelles », de « l’élite cachée ». Des gens qui, tapis dans l’ombre ou sous les projecteurs, semblent décider de notre destin. Qui sont-ils vraiment ? D’où leur vient cette impression de pouvoir ? Et surtout, quel est notre rôle face à eux ?

Qui sont ces « gérants du monde entier » ?
Quand on parle de « dirigeants du monde », on ne parle pas forcément d’un petit groupe secret qui se réunit dans un bunker sous la terre. C’est plus complexe. Ce sont souvent :
- Des chefs d’État puissants : Ceux des grandes nations qui ont un poids économique, militaire ou diplomatique énorme. Leurs décisions impactent la planète entière.
- Des géants de l’économie et de la finance : Des PDG de multinationales dont le budget dépasse celui de certains pays, des banquiers influents, des investisseurs qui déplacent des milliards. Leur pouvoir est colossal sur nos emplois, nos prix, nos modes de vie.
- Des figures d’organisations internationales : Des personnes à la tête d’institutions comme l’ONU, le FMI, la Banque Mondiale, qui façonnent les politiques mondiales.
- Des experts et des influenceurs : Des penseurs, des universitaires, des « gourous » technologiques, des médias puissants qui façonnent les opinions et les tendances.
- Parfois, des figures de l’ombre : Des lobbies, des réseaux d’influence, des groupes d’intérêts qui agissent discrètement mais avec une grande efficacité sur les décisions politiques et économiques.
Ces personnes sont souvent brillantes, ambitieuses, et ont atteint des sommets grâce à un mélange de talent, de travail, de relations et parfois, avouons-le, de ruse.
Leur légitimité : une question complexe
C’est là que le bât blesse. Quelle est leur légitimité à « gérer le monde » ?
- Légitimité démocratique ? Pour les chefs d’État, elle vient des votes. Mais même là, les intérêts nationaux passent souvent avant le bien commun mondial. Et qu’en est-il de la majorité des « gérants » (banquiers, PDG, lobbies) qui n’ont jamais été élus par personne ?
- Légitimité de compétence ? On pourrait dire qu’ils sont les meilleurs dans leur domaine. Mais être bon en finance signifie-t-il savoir ce qui est bon pour la planète ou pour l’humanité ? La compétence technique ne garantit pas la sagesse ou la justice sociale.
- Légitimité morale ? C’est le grand point d’interrogation. Agissent-ils pour le bien de tous, ou d’abord pour leurs propres intérêts, ceux de leur entreprise, de leur pays, ou de leur cercle ? Quand on voit les inégalités croissantes, les crises environnementales, les guerres… on peut sérieusement douter de cette légitimité morale.
Le danger et la « folie » de leur pouvoir
Ces « gérants » représentent plusieurs dangers :
- La déconnexion de la réalité : En étant au sommet, il est facile de perdre le contact avec les réalités quotidiennes des gens ordinaires. Leurs décisions peuvent alors sembler arbitraires, injustes, voire cruelles. Cette déconnexion peut frôler une forme de « folie des grandeurs », où l’on croit détenir la vérité ou le droit de décider pour des millions de vies sans en mesurer pleinement les conséquences humaines.
- Le non-respect des limites : L’appât du gain, la soif de pouvoir, ou la simple conviction d’avoir raison peuvent les pousser à ignorer les limites éthiques, environnementales ou sociales. Le profit avant la planète, la puissance avant le respect des droits humains, c’est un scénario malheureusement trop fréquent.
- La concentration du pouvoir : Moins il y a de mains qui tiennent les rênes, plus le risque d’erreurs monumentales ou d’abus est grand. Le fait que quelques-uns puissent influencer tant de choses est effrayant pour la démocratie et la justice.
Et nous, dans tout cela ?
Face à ces géants, on peut se sentir petits, impuissants, découragés. Mais ce n’est pas le moment de baisser les bras !
- Informer-nous et comprendre : Le premier pas, c’est de ne pas être naïf. De comprendre comment le monde fonctionne, qui a le pouvoir, et comment les décisions sont prises. Les réseaux sociaux sont un piège si on ne trie pas l’info, mais ils peuvent aussi être un outil génial pour s’informer et se connecter.
- Participer et agir à notre niveau : Voter, bien sûr, mais aussi s’engager dans des associations, militer pour des causes qui nous tiennent à cœur, soutenir des initiatives locales, consommer de manière plus responsable. Chaque petite action compte et crée une onde.
- Développer notre esprit critique : Ne pas tout prendre pour argent comptant. Poser des questions, douter, chercher d’autres sources. Ne pas se laisser manipuler par les discours simplistes ou les propagandes, d’où qu’elles viennent.
- Cultiver l’espoir et la solidarité : Si certains agissent par folie ou par intérêt, il y a aussi des millions de personnes qui veulent un monde meilleur et qui agissent pour cela. Se connecter à ces énergies positives, bâtir des ponts, c’est aussi une forme de pouvoir.
Nous ne sommes peut-être pas les « gérants du monde », mais nous sommes des citoyens du monde. Et notre rôle est de veiller, d’interpeller, de proposer et d’agir pour que ce monde soit un lieu où la justice, le respect et la dignité humaine priment sur la folie des grandeurs de quelques-uns. C’est notre responsabilité collective.

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