L’Evangile
« Ils mangèrent et ils furent tous rassasiés » (Lc 9, 11b-17)

Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis le pain vivant qui est descendu du ciel, dit le Seigneur ;
si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement.
Alléluia. (Jn 6, 51)
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
En ce temps-là,
Jésus parlait aux foules du règne de Dieu,
et guérissait ceux qui en avaient besoin.
Le jour commençait à baisser.
Alors les Douze s’approchèrent de lui et lui dirent :
« Renvoie cette foule :
qu’ils aillent dans les villages et les campagnes des environs
afin d’y loger et de trouver des vivres ;
ici nous sommes dans un endroit désert. »
Mais il leur dit :
« Donnez-leur vous-mêmes à manger. »
Ils répondirent :
« Nous n’avons pas plus de cinq pains et deux poissons.
À moins peut-être d’aller nous-mêmes acheter de la nourriture
pour tout ce peuple. »
Il y avait environ cinq mille hommes.
Jésus dit à ses disciples :
« Faites-les asseoir par groupes de cinquante environ. »
Ils exécutèrent cette demande
et firent asseoir tout le monde.
Jésus prit les cinq pains et les deux poissons,
et, levant les yeux au ciel,
il prononça la bénédiction sur eux,
les rompit
et les donna à ses disciples
pour qu’ils les distribuent à la foule.
Ils mangèrent et ils furent tous rassasiés ;
puis on ramassa les morceaux qui leur restaient :
cela faisait douze paniers.
Sa réflexion
Et si nous avions déjà tout ce qu’il faut ?
Aujourd’hui, nous nous penchons sur un passage bien connu de l’Évangile de Luc (9, 11b-17), l’histoire où Jésus nourrit une foule immense avec très peu de choses. C’est une histoire que l’on a souvent entendue, mais peut-être n’avons-nous pas toujours pris le temps de vraiment la goûter, de la laisser nous parler au cœur.
La situation de départ : une foule affamée et des disciples démunis
Imaginez la scène : Jésus est là, entouré d’une foule immense. Des milliers de personnes l’ont suivi, attirées par ses paroles, par ses guérisons. Il leur parle du Royaume de Dieu, il prend soin d’elles. La journée avance, le soleil commence à décliner. Les disciples, eux, voient la réalité en face : la faim s’installe. Et ce qu’ils voient surtout, c’est le manque.
Leur solution est logique, humaine : « Renvoyons-les ! Qu’ils aillent dans les villages alentour trouver de quoi manger. » C’est une réaction sensée. Ils n’ont rien, la foule est trop grande.
Mais Jésus, lui, voit les choses différemment. Il leur dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. »
C’est là que ça devient intéressant. Les disciples répondent : « Nous n’avons que cinq pains et deux poissons. À moins d’aller nous-mêmes acheter de quoi nourrir tout ce monde… » Ils ont compté, ils ont évalué. Le calcul est simple : cinq pains et deux poissons, ça ne fait pas le poids face à des milliers de personnes. Ils voient ce qui manque.
Le regard de Jésus : voir l’abondance dans le peu
Et si la leçon principale ici était de changer notre regard ? Les disciples voient le manque. Jésus, lui, voit le potentiel. Il ne se décourage pas du peu qu’il y a. Au contraire, il le prend.
Il prend les cinq pains et les deux poissons, il lève les yeux au ciel, il bénit. Et là, le miracle se produit. Ce peu devient suffisant, et même surabondant. Il y a à manger pour tout le monde, et il reste même des restes !
Ce n’est pas une formule magique, c’est une invitation à la confiance. Confiance dans le fait que Dieu peut faire beaucoup avec notre peu. Confiance que ce que nous avons, même si cela nous semble insignifiant, peut être utilisé pour le bien quand nous le mettons entre ses mains.
Une méditation pour aujourd’hui
Combien de fois dans nos vies nous sentons-nous comme les disciples ? Face à une situation qui nous dépasse, face à un besoin immense, nous regardons ce que nous n’avons pas, ce qui nous manque.
- Peut-être que nous nous sentons dépassés par la tâche à accomplir au travail.
- Peut-être que nous pensons ne pas avoir les compétences pour aider quelqu’un en difficulté.
- Peut-être que nous avons l’impression que notre petite contribution ne fera pas la différence dans un monde rempli de problèmes.
- Peut-être que nous regardons nos talents et nous disons : « Ce n’est pas assez. »
Jésus nous dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Non pas avec ce que nous n’avons pas, mais avec ce que nous avons, aussi minime que cela puisse paraître.
Cette histoire nous invite à :
- Cesser de nous focaliser sur le manque : Arrêtons de compter ce qui nous manque, nos faiblesses, nos limites.
- Mettre ce que nous avons entre les mains de Dieu : Offrons-lui nos « cinq pains et deux poissons » – nos talents, notre temps, notre énergie, notre amour, même s’ils nous semblent petits.
- Faire confiance à l’abondance : Croire que Dieu peut transformer notre peu en beaucoup, et même en surabondance. Quand nous donnons avec un cœur généreux, ce que nous offrons n’est jamais perdu.
Finalement, cette histoire n’est pas seulement un récit d’un miracle passé. C’est une invitation à vivre avec un esprit d’abondance plutôt qu’un esprit de pénurie. C’est une invitation à l’audace de donner, même quand on pense ne pas avoir assez, car c’est dans le don que le miracle se produit.
Et si, après tout, nous avions déjà tout ce qu’il faut pour faire une différence ?

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