Le pique-nique qui change tout!

Frères et sœurs,

L’évangile que nous venons d’entendre, tiré de Luc 9, nous raconte un événement que nous connaissons bien : la multiplication des pains. Jésus est là, au milieu d’une foule immense. Il leur parle du Royaume de Dieu, il guérit les malades. Et le soir approche. Les disciples, pratiques, s’inquiètent : « Renvoyons cette foule, qu’ils aillent dans les villages voisins trouver de quoi manger et se loger. »

Mais Jésus, comme souvent, nous prend à contre-pied. Il leur dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Les disciples sont interloqués : « Nous n’avons que cinq pains et deux poissons ! À moins d’aller nous-mêmes acheter de la nourriture pour tout ce monde… » Cinq pains et deux poissons face à cinq mille hommes ! C’est dérisoire, n’est-ce pas ?

Combien de fois dans notre propre vie nous sentons-nous ainsi ? Face à l’ampleur d’un problème, d’une difficulté, nous regardons nos faibles moyens et nous nous disons : « C’est impossible. Je n’y arriverai jamais. » Que ce soit un problème familial, professionnel, une injustice qui nous révolte, la souffrance d’un proche… Nous avons l’impression d’avoir nos « cinq pains et deux poissons » face à une montagne.

Pourtant, Jésus ne se décourage pas. Il demande à la foule de s’asseoir. Il prend les pains et les poissons, lève les yeux au ciel, bénit et les rompt. Et il donne à ses disciples pour qu’ils distribuent. Et là, le miracle opère. Non seulement tout le monde mange à sa faim, mais il reste même douze paniers remplis de morceaux !

Qu’est-ce que cet épisode nous dit pour notre quotidien ?

D’abord, il nous dit que Jésus ne nous laisse jamais seuls face à l’immensité de nos défis. Il ne nous dit pas : « Débrouillez-vous. » Non, il nous invite à lui présenter ce que nous avons, même si cela nous paraît insignifiant. Nos faibles moyens, nos doutes, nos peurs, nos petites capacités.

Ensuite, il nous invite à la confiance. Confiance qu’avec lui, le peu que nous avons peut devenir beaucoup. Le Seigneur n’a pas besoin de nos performances extraordinaires. Il a besoin de notre disponibilité et de notre foi. Il a besoin que nous osions lui donner ce que nous avons, même si c’est peu, et que nous le laissions agir.

Enfin, il nous rappelle que le miracle commence souvent par un geste de partage. Jésus ne garde rien pour lui. Il rompt et il donne. C’est dans le partage, dans le don de soi, que la multiplication se produit. Pensons à toutes ces personnes autour de nous qui sont dans le besoin, pas seulement de nourriture, mais d’écoute, de présence, de réconfort. Avons-nous peur de ne pas avoir assez de temps, d’énergie, de mots ?

Mes chers amis, le pique-nique de Jésus n’est pas un conte de fées. C’est une invitation concrète à vivre notre foi chaque jour. C’est une invitation à ne pas avoir peur de nos fragilités, à les déposer entre les mains du Christ. C’est une invitation à oser donner, à oser partager, à oser croire que même avec nos « cinq pains et deux poissons », Jésus peut accomplir des merveilles.

Alors, quelle est la faim que nous rencontrons aujourd’hui ? Quelle est la faim autour de nous ? Et qu’allons-nous oser donner, confiant que le Christ est capable de tout multiplier ?

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