Il était une fois, bien avant que les villes ne s’élèvent et que les chemins ne soient tracés, un Jardin Merveilleux. Au centre de ce jardin, là où la lumière était la plus douce et le chant des oiseaux le plus mélodieux, se tenait un Arbre majestueux. Mais cet arbre n’était pas comme les autres. Il avait un secret, un secret de vie et d’amour.

Cet arbre puisait sa force non pas d’une, mais de trois racines entrelacées, profondes et inséparables.
La première racine, la plus ancienne et la plus vaste, s’appelait « La Source ». Elle était cachée sous terre, invisible, mais c’est d’elle que jaillissait toute la sève, toute l’énergie qui faisait grandir l’arbre. Sans elle, rien n’aurait pu exister. Elle était le début de tout, le mystère de l’origine. On la sentait sans la voir, comme un battement de cœur silencieux.
La deuxième racine, visible et lumineuse, s’appelait « Le Chemin ». Elle remontait vers la surface, se frayant un passage à travers la terre, offrant un chemin clair pour que la sève monte vers le tronc et les branches. Cette racine se faisait parfois plus fine, parfois plus robuste, s’adaptant au terrain, montrant toujours la direction. C’était elle qui permettait à l’arbre de se dresser fier et solide, offrant son ombre et ses fruits. On la voyait, on la touchait, on comprenait sa forme.
Enfin, la troisième racine, la plus légère et la plus vive, s’appelait « Le Souffle ». On ne la voyait pas vraiment, mais on la sentait partout. Elle parcourait l’arbre entier, des racines jusqu’à la feuille la plus haute, portant la sève vers chaque cellule, faisant frissonner les feuilles au vent et mûrir les fruits. C’était elle qui donnait la vie, la vitalité, la capacité de grandir et de se renouveler. Sans elle, l’arbre aurait été immobile et sec.
Ces trois racines n’étaient pas séparées. Elles étaient tellement connectées et dépendantes l’une de l’autre qu’il était impossible de dire où l’une commençait et l’autre finissait. La Source nourrissait le Chemin, le Chemin permettait au Souffle de circuler, et le Souffle vivifiait tout ce que la Source avait initié et que le Chemin avait guidé.
Les habitants du Jardin Merveilleux, petits et grands, venaient souvent s’asseoir sous cet Arbre aux Trois Racines. Ils ne comprenaient pas toujours comment il fonctionnait, mais ils ressentaient sa force, sa paix, et la joie qu’il leur apportait.
Quand ils avaient soif, ils savaient que la sève venait de La Source. Quand ils étaient perdus, ils savaient que Le Chemin les guiderait vers l’ombre des branches. Et quand ils se sentaient faibles, ils sentaient Le Souffle les remplir d’une énergie nouvelle, les invitant à grandir et à aimer.
L’Arbre aux Trois Racines était le cœur du Jardin, un rappel silencieux que la vie, la force et l’amour viennent toujours d’une unité parfaite, d’un secret si grand qu’on ne peut que le vivre et s’y abandonner. Il était le signe qu’en toutes choses, il y a une origine, un chemin pour la vivre, et un esprit qui la fait rayonner.
Et c’est ainsi que, génération après génération, l’histoire de l’Arbre aux Trois Racines était transmise, non pas comme une énigme à résoudre, mais comme un magnifique secret à contempler.

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