Dans un monde où les montagnes étaient des géants endormis et les rivières des rubans d’argent, vivait une jeune fille nommée Lyra. Lyra n’était pas comme les autres. Tandis que la plupart des gens rêvaient de jardins luxuriants ou de palais dorés, le rêve de Lyra était… le Rêve Flottant.

Le Rêve Flottant n’était pas un lieu, mais une sensation, une vision fugace d’un instant où le ciel touchait la terre, où les couleurs dansaient et où le silence chantait. Personne n’avait jamais vu le Rêve Flottant, ni même cru à son existence. C’était l’impossible des impossibles, une chimère que les anciens considéraient comme une douce folie.
Lyra en parlait à sa grand-mère, une femme sage aux yeux rieurs. « Grand-mère, je dois trouver le Rêve Flottant ! » s’exclamait Lyra, les yeux brillants.
La grand-mère souriait. « Ma petite Lyra, nombreux sont ceux qui ont cherché l’impossible. Le chemin est long, semé d’embûches et de doutes. Es-tu prête à l’aimer, ce chemin ? »
Lyra hocha la tête avec détermination. « Je suis prête. »
Son voyage commença par la Forêt des Murmures, où les arbres centenaires chuchotaient des histoires anciennes. Les voix tentèrent de la décourager : « L’impossible n’existe pas, retourne chez toi ! » Lyra, au lieu de les écouter, se concentra sur la mélodie du vent dans les feuilles, cherchant une note, une vibration qui ressemblerait à son rêve. Elle apprit à distinguer les murmures de doute des murmures de vérité.
Ensuite, elle arriva aux Dunes de l’Oubli, où le soleil tapait fort et où le sable effaçait toutes les traces. Des voyageurs épuisés la mirent en garde : « Ici, on oublie pourquoi on est parti. Abandonne ! » Mais Lyra, au lieu de se laisser abattre, se laissa envelopper par la chaleur du désert. Elle comprit que l’oubli n’était pas une fin, mais une chance de se réinventer, de ne garder que l’essentiel de son rêve. Elle avança, se fiant à son instinct.
Puis vint la Falaise des Larmes, un précipice immense balayé par les vents. De vieilles légendes racontaient que ceux qui tentaient de la franchir finissaient par tomber, leurs larmes se mêlant à l’océan en contrebas. La peur étreignit le cœur de Lyra. C’était là que l’impossible semblait le plus réel. Elle resta assise au bord, observant les nuages. Et c’est là, dans ce moment de vulnérabilité, qu’elle vit une lumière.
Ce n’était pas une lumière physique, mais une illumination intérieure. Elle comprit que le Rêve Flottant n’était pas un lieu à atteindre, mais une manière de voir, de ressentir. C’était la capacité d’aimer le voyage, les défis, les doutes, et de trouver la beauté dans l’inconnu.
Elle ne sauta pas de la falaise. Au lieu de cela, Lyra ferma les yeux et respira profondément. Elle sentit le vent sur son visage, la chaleur du soleil, le grondement lointain des vagues. Elle se laissa porter par la sensation, et à ce moment précis, les couleurs commencèrent à danser dans son esprit, le silence chanta, et le ciel sembla toucher la terre. Le Rêve Flottant n’était pas ailleurs, il était en elle, et dans chaque instant où elle choisissait de croire et d’aimer le chemin.
Lyra redescendit de la falaise, le cœur léger. Elle ne cherchait plus le Rêve Flottant comme un objectif lointain, mais le trouvait dans chaque pas qu’elle faisait, dans chaque sourire partagé, dans chaque défi relevé. Elle avait compris que l’impossible n’est qu’un mur que l’on construit soi-même, et que l’extraordinaire se révèle quand on ose l’aimer et le traverser. Son chemin, semé d’embûches, était devenu son plus beau trésor.
Quel est le « Rêve Flottant » que tu portes en toi, celui qui semble impossible mais qui te fait vibrer ?

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