Il était une fois, dans un pays lointain où les montagnes touchaient les étoiles et les rivières chantaient des mélodies anciennes, vivait un jeune homme nommé Elian. Elian était vif, intelligent, mais il avait une petite habitude : celle de souvent ignorer la petite voix douce et insistante qui lui parlait à l’intérieur de lui. Ses amis appelaient cette voix sa « petite boussole », mais Elian, lui, la trouvait parfois un peu trop… contraignante.

Un jour, le vieux Sage du village, dont les yeux brillaient de mille histoires, appela Elian. « Mon enfant, » dit le Sage, « tu es à l’aube d’un voyage important. Chaque choix que tu feras sera comme une pierre que tu poseras. Écoute bien ta conscience, car elle est la seule véritable Pierre de Sagesse que tu possèdes. » Elian hocha la tête, un peu distrait, pensant déjà aux aventures qui l’attendaient.
Elian partit explorer le monde. Très vite, il se retrouva face à son premier défi. Sur un chemin escarpé, il vit une vieille femme qui peinait à porter un lourd fardeau. Sa petite boussole murmura : « Aide-la, Elian. C’est la bonne chose à faire. » Mais Elian, pressé d’arriver à la prochaine ville où l’attendait une fête, balaya l’idée d’un revers de main. « Je suis trop pressé, » pensa-t-il, « quelqu’un d’autre l’aidera. » Il continua sa route. À chaque pas, il sentait comme une pierre invisible et lourde se poser dans son cœur.
Quelques jours plus tard, il arriva dans une ville où il vit un marchand proposer une affaire alléchante, mais un peu louche. Sa conscience lui dit : « Méfie-toi, Elian. Cette offre semble trop belle pour être vraie. » Mais lian, attiré par le gain facile, ignora l’avertissement. Il investit toutes ses économies et, comme sa conscience l’avait pressenti, il perdit tout. La pierre invisible dans son cœur devint plus grosse, plus froide.
Les jours, les semaines, les mois passèrent. Elian continuait son chemin, faisant face à de nombreux choix. À chaque fois qu’il ignorait sa conscience – qu’il trichait à un jeu, qu’il disait un mensonge pour se tirer d’affaire, qu’il tournait le dos à quelqu’un en difficulté – une nouvelle pierre lourde s’ajoutait à la précédente. Il ne les voyait pas, mais il sentait leur poids. Il se sentait de plus en plus lourd, de plus en plus triste.
Un soir, Elian arriva dans un endroit désert, au pied d’un immense mur gris et froid. Il réalisa alors, avec un frisson dans le dos, que ce mur était composé de toutes les pierres invisibles qu’il avait accumulées. C’était le Mur des Regrets, un monument à tous les choix qu’il avait faits contre sa conscience. Le poids de ce mur l’écrasait, le rendant incapable d’avancer. Il s’assit, désespéré.
Soudain, la petite voix, celle de sa boussole intérieure, résonna, plus claire que jamais : « Tu peux détruire ce mur, Elian. Une pierre à la fois. Mais pour cela, tu dois faire un choix, un vrai choix. »
Elian regarda le mur, puis regarda son cœur. Il comprit enfin la leçon du vieux Sage. Il se rappela tous les moments où sa conscience l’avait guidé, et ceux où il l’avait ignorée. Il décida alors de ne plus jamais ignorer cette précieuse voix.
Il commença son travail. Chaque fois qu’il faisait un choix difficile mais juste, chaque fois qu’il réparait une erreur, qu’il aidait quelqu’un, qu’il était honnête, même si cela lui coûtait, une pierre du Mur des Regrets disparaissait. Lentement, mais sûrement, le mur commença à s’effriter. Le poids sur son cœur diminuait, et il sentait une légèreté nouvelle l’envahir.
Elian ne fit jamais complètement disparaître le Mur des Regrets – car les erreurs passées laissent toujours une trace – mais il apprit à vivre avec, et surtout, à construire des fondations solides avec sa conscience. Il devint un homme sage, respecté de tous, non pas pour sa richesse, mais pour son intégrité. Il comprit que la conscience n’est pas une contrainte, mais le plus beau des cadeaux, la véritable Pierre de Sagesse qui éclaire notre chemin et nous permet de construire une vie dont on peut être fier.

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